Editorial

Juin 2017

 

        Rien ne va plus dans le Golfe ! Alors que l’OPEP et ses alliés s’étaient mis d’accord pour prolonger la réduction de la production de pétrole décidée en novembre dernier (sans toutefois l’augmenter encore de 300 000 bj, ce qui avait déçu le marché), voilà que l’Arabie Saoudite et ses alliés rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar accusé – avec juste raison et quand même un brin d’hypocrisie – de financer l’extrémisme islamiste. Or le Qatar a été jusque-là une des pièces maîtresses de la diplomatie énergétique mondiale : n’est-ce pas le fonds souverain qatari qui a pris une participation de 20 % dans Rosneft pour quelque $ 10 milliards qui ont contribué à renflouer le Trésor russe au moment où la Russie, alliée de l’Iran en Libye, négociait sa participation aux accords de l’OPEP. Le Qatar pèse peu sur la scène pétrolière, mais joue un rôle central sur le marché du gaz naturel et il est encore trop tôt pour analyser les conséquences de cette rupture sur les marchés mondiaux de l’énergie. On lira en tout cas avec intérêt le nouveau chapitre du rapport CyclOpe 2017 – présenté le 15 mai dernier – consacré au marché du sport et où est évoquée la stratégie du Qatar !

 

L’autre actualité, c’est bien sûr la sortie des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Donald Trump tient toutes ses promesses, même les plus absurdes. Mais paradoxalement, cela pourrait être une bonne nouvelle. Pour l’instant, l’accord de Paris n’est qu’une coquille vide pavée de bonnes intentions. Il n’y a toujours rien sur le prix du carbone qui est pourtant la pierre angulaire de toute transition énergétique de quelque efficacité. Sans le frein américain, peut-être sera-t-il enfin possible d’avancer plus vite vers des mesures enfin correctes. Et de toute manière, le développement du gaz de schiste aux États-Unis et sa substitution au charbon nous garantissent mécaniquement une baisse des émissions américaines de carbone.

 

Sur le plan agricole, les bonnes nouvelles – en termes climatiques – se succèdent et la campagne 2017/2018 devrait être presque aussi abondante que 2016/2017. L’Argentine, l’Australie, la mer Noire, s’affichent à des niveaux record et le résultat en est une poursuite inquiétante du marasme des prix mondiaux. Cela touche aussi une production tropicale comme le cacao ce qui explique un manque à gagner de plusieurs milliards de dollars pour la Côte d’Ivoire et le Ghana.

 

Globalement d’ailleurs, cette fin du printemps 2017 est difficile pour la plupart des marchés. Le temps du « supercycle » est bien loin, et banquiers et négociants commencent à se serrer la ceinture.

 

Enfn CyclOpe a publié le 20 juin le rapport Arcadia, « Les matières premières et l’Afrique » en partenariat avec l’OCP Policy Center.

 

 

 

Philippe Chalmin

 

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