Editorial

Octobre 2017

 

L’automne est bien contrasté sur les marchés mondiaux : alors que les prix du pétrole et du charbon frémissent, que nombre de métaux battent à nouveau des records, les marchés agricoles souffrent sous le poids de récoltes mondiales exceptionnelles.

 

                Un fait est certain : l’économie mondiale va plutôt bien et elle a même flirté avec les 4 % de croissance ces derniers mois. La Chine en particulier, dans la dernière ligne droite avant le nouveau sacre de Xi Jinping au XIXe Congrès du PCC, fait mieux que ce qu’avait décidé le parti avec 6,9 % de croissance. De plus, l’annonce – semble-t-il confirmée – de fermetures de capacités dans l’acier et l’aluminium contribue un peu plus au bonheur des marchés. Et puis, la baisse du dollar est un signe positif et les investisseurs reviennent sur les marchés des commodités.

 

                Le pétrole, quant à lui, a profité des ouragans dans le Golfe, du referendum au Kurdistan et aussi de la discipline de l’OPEP. Ceci étant, à $ 60 le baril de Brent et surtout à $ 52 pour le WTI, les producteurs américains se pressent d’arbitrer leur production de 2018 voire même de 2019. Même le marché du gaz naturel a un peu profité des intempéries, mais l’élément important est là la transformation du marché du gaz naturel liquéfié (GNL) qui est désormais une commodité à part entière.

 

                Sur les marchés des métaux, la fête est à peu près générale du zinc à l’aluminium sans oublier le cuivre. l’euphorie est aussi totale pour les « petits métaux » utilisés pour les batteries électriques et notamment pour le cobalt et le lithium. Mais il n’est pas sûr que cette excitation soit vraiment durable.

 

                Tout ceci contraste avec la morosité des marchés agricoles. Il est vrai que la campagne 2017/2018 s’annonce à peu près partout excellente et voilà la Russie confortée dans sa position de premier exportateur mondial de blé comme au temps – avant 1914 – où le fob Odessa dominait le monde.

 

                Ces temps incertains bouleversent les opérateurs. Alors que Glencore rêve à nouveau de fusion géante (avec Rio Tinto ?), que Total rachète MaerskOil, le calvaire de Noble se poursuit vers ce qui sera probablement un inéluctable dénouement.

 

                Enfin, une page d’histoire s’est tournée le 1er octobre avec la fin du règlement sucre européen, le dernier pan de la vieille Politique agricole commune des années soixante. Pour l’auteur de ces lignes qui a fait ses premières armes dans le sucre en 1975 (avec un premier « papier » publié dans « le betteravier français »), c’est un peu de sa jeunesse qui s’en va !

 

Philippe Chalmin

 

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