Editorial

Juillet-août 2017

 

En ce début d’été l’actualité des marchés est à nouveau focalisée sur le pétrole dont le prix s’est légèrement apprécié ces derniers jours, mais demeure, pour le Brent, en dessous des $ 50 le baril. Avec raison, les fonds qui, en début d’année, avaient parié sur la victoire de l’OPEP ont pris la position inverse. Les chiffres sont en effet cruels. L’OPEP dépasse ses quotas et surtout n’a pratiquement pas réduit ses exportations. Tout l’effort est porté par l’Arabie Saoudite qui compense à peine les sursauts nigérians, libyens et… iraniens. Ailleurs, les productions américaine, mais aussi brésilienne et canadienne continuent à augmenter. À quelques dizaines de milliers de barils jour près, la situation est presque identique à celle de l’été 2016. Combien de temps l’Arabie saoudite, désormais dirigée sans partage par MBS, acceptera-t-elle d’être en quelque sorte le dindon de cette farce. La politique saoudienne est certes complexe : bras de fer avec le Qatar, soutenu par la Turquie et l’Iran, relations ambiguës en Syrie… Mais il y a aussi la réalité économique d’un pays dont la « Vision 2030 » aura bien du mal à se concrétiser. Il est évident que la stratégie initiée par le Royaume en juillet 2014 est un échec : un peu partout dans le monde – et surtout aux États-Unis – les producteurs se sont adaptés et à $ 40 le baril, le pétrole de schiste reste rentable. Très ouvertement, la Russie se prépare à l’après-quota. L’Arabie Saoudite est le dernier rempart avant un nouvel effondrement des prix du pétrole. Mais peut-elle jeter l’éponge ?

 

Sur le marché du gaz naturel, la messe est dite avec les investissements des États-Unis et du Qatar. Le gaz naturel se mondialise autour d’un GNL qui vaut à peine $ 30 le baril équivalent pétrole. Il n’y a guère que le charbon qui sourit avec la demande chinoise, gonflée par des inondations, et indienne. Mais que l’on est là loin de la transition énergétique !

 

Les marchés des métaux sont plus calmes si l’on excepte l’excitation du marché du cobalt (pour les véhicules électriques). Le retour des exportations de l’Indonésie et des Philippines sonne un peu plus le glas pour le nickel.

 

Sur les marchés agricoles, c’est le retour du « weather market » : fera-t-il chaud et sec cet été sur les grandes plaines américaines ? Pour le reste, un peu partout les récoltes s’annoncent excellentes quoiqu’en léger retrait par rapport à la campagne précédente.

 

Ces temps difficiles ont coûté cher à certains acteurs : Goldman Sachs a mal joué le pétrole et Noble a fait pire pour le charbon tandis que Cofco peine à remettre de l’ordre au sein de certaines de ses filiales notamment en Amérique du Sud.

 

La version anglaise du rapport CyclOpe 2017 est désormais disponible en ligne, tout comme le nouveau rapport Arcadia « L’Afrique et les marchés de matières premières » qui a été publié le 20 juin.

 

Un très bel été pour tous les amis de CyclOpe.

 

 

 

Philippe Chalmin

 

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