Brèves de marchés

Juin 2019

 

D’après la FAO, la production mondiale de viandes devrait pour la première fois diminuer en 2019 de 0,2 %. Depuis 2000, elle avait augmenté de 45 %. Cette baisse serait due pour l’essentiel à la peste porcine en Chine.

 

L’Inde a importé deux cargaisons de maïs non-OGM en provenance d’Ukraine. Les OGM en céréales sont interdits en Inde. Le maïs a été importé à $ 205 la tonne caf.

 

Après le pétrole, les États-Unis attaquent l’Iran sur le front des métaux et interdisent toute transaction sur l’acier, l’aluminium et le cuivre qui représentent 10 % des exportations iraniennes.

 

Le gouvernement américain prépare un deuxième programme de soutien aux agriculteurs victimes de la guerre commerciale avec la Chine. Il porterait sur $ 15 à $ 20 milliards pour l’essentiel en paiements directs. En 2018, $ 12 milliards avaient été programmés et pour l’instant $ 9,4 milliards ont versé dont $ 8,5 en paiements directs. Mais malgré un plafonnement ($ 125 000 par entité), un dixième des agriculteurs ont reçu plus de la moitié des paiements. Le nouveau plan favoriserait les producteurs de soja avec une aide de $ 2 le boisseau. Pour le blé, il s’agirait de 63 cents le boisseau et 4 cents pour le maïs. Dans le programme de l’automne 2018, les aides ont été de $ 1,65 pour le soja, 14 cents pour le blé et un cent pour le maïs.

 

L’ICSG a augmenté sa prévision de déficit mondial de cuivre à 189 000 tonnes en 2019 contre une prévision de 65 000 tonnes faite en octobre 2018. Sur un marché de 25 mt cela reste relativement aléatoire.

 

En avril, la production chinoise d’acier a battu un record à 85,03 mt (76,7 mt en avril 2018). Sur les quatre premiers mois de l’année, la production est en hausse de 10 %.

 

Les exportations de produits agricoles américains vers la Chine qui s’élevaient à $ 25 milliards en 2017 ($ 30 milliards en 2012) sont tombées à $13 milliards en 2018 : le seul soja est passé de $ 12 à $ 3 milliards.

 

Malgré la chute des prix du café, les producteurs brésiliens auraient des coûts de production estimés à 90 cents/lb leur permettant de « passer » en profitant aussi de la faiblesse du real.

 

Pour la première fois depuis 2018, le boisseau de soja est passé en dessous de $ 8 pour le contrat de mai. Pour les contrats « post-récolte » (novembre et au-delà), le prix reste supérieur à $ 8. D’après l’université de l’Iowa, les coûts de production se situent entre $ 8.86 et $ 9.21. Les stocks de fin de campagne en août devraient atteindre le record de 27 mt.

 

Fin mai, le prix du minerai de fer est repassé au-dessus de $ 100 la tonne (cf Chine-Platts). De nouvelles craintes sur des barrages au Brésil ont amené Vale à fermer près de 100 mt de capacités de production. C’est là une excellente nouvelle pour les mineurs australiens dont les cours de bourse flambent, amis aussi pour Vale : $ 10 la tonne de plus, ce sont $ 2 milliards de recettes supplémentaires. Par contre, les stocks de minerai de fer dans les ports chinois (133 mt début mai) sont au plus bas depuis trois ans.

 

D’après la FAO, la récolte mondiale de céréales augmenteraient de 2,7 % en 2019/2020 pour atteindre le niveau record de 2,72 milliards de tonnes.

 

Face aux États-Unis, la Chine appuie sur le bouton terres rares. De manière très symbolique, Xi Jingping a visité une usine de terres rares à Ganzhou. 80 % des terres rares utilisées aux États-Unis proviennent de Chine dont la domination dans la métallurgie est totale. Un rapport récent du Pentagone s’inquiète d’ailleurs de cette dépendance.

 

La peste porcine africaine continue à faire des ravages. En Chine, officiellement seulement un million de porcs auraient été abattus, ce qui sous-estime une réalité estimée entre 20 et 35 % du cheptel porcin, soit au plus 200 millions d’animaux ! Toute la zone asiatique est concernée du Vietnam à l’Australie.

 

La Russie se prépare à une récolte historique de céréales avec des estimations de 117 à 125 mt dont 75 à 80 mt de blé. Les exportations russes de blé seraient de 42 à 46 mt. Quant à l’Ukraine, elle exporterait plus de 50 mt de céréales.

 

« C’est qui le patron » se lance après le lait dans la farine avec un minotier des Deux-Sèvres. Le prix du blé est garanti à un minimum de € 205 la tonne.

 

En 2018, les États-Unis ont presque atteint leur autosuffisance énergétique avec 28128 Twh de production (+ 8 %) et 29593 Twh de consommation. Pétrole (+ 17 %) et gaz (+ 12 %) représentent 57 % de la production d’énergie aux États-Unis. La production d’énergies renouvelables a augmenté de 4 % (22 % pour le solaire) et celle de charbon a diminué de 2 %. Par contre, la production de gaz à effet de serre a augmenté de 3,4 %.

 

En avril, la Chine a importé 10, 64 mbj de pétrole, un chiffre probablement gonflé par des achats de présentation liés à l’embargo sur l’Iran. En avril, la Chine a acheté 830 000 bj à l’Iran. Mais en mai, ce chiffre devrait fortement diminuer. Par contre, l’Arabie Saoudite qui a fourni 1,2 mbj en avril devrait augmenter ses expédients.

 

En juin, les États-Unis battraient un nouveau record de production de pétrole de schiste à 8,49 mbj (+ 83 000 bj) dont 4,17 mbj pour le bassin du Permian (+56 000 bj), 1,42 mbj pour le Bakken (+ 16 000 bj). La production de gaz serait de 80,7 milliards de pieds cubes (68,2 un an plus tôt…). En mars, la production globale de brut a atteint 11,9 mbj, en hausse de 241 000 bj.

 

La victoire des conservateurs aux élections en Australie est de bon augure pour les producteurs de charbon dont le Premier ministre réélu Scott Morrison est un fervent défenseur.

 

Les attentats contre les tankers au large de Fujairah auraient été perpétrés par des drones sous-marins probablement commandités par les Gardiens de la Révolution iraniens.

 

À côté du soja, l’autre grande victime américaine du conflit avec la Chine est le GNL, alors même que les États-Unis se dotent de trains de liquéfaction pour l’exportation (sept au total dont six pour Chenière à Sabine Pass et Corpus Christi). La Chine est devenue le deuxième importateur mondial de GNL, un marché en 2018 de 316,5 mt.

 

La demande mondiale de gaz naturel a augmenté de 4,7 % en 2018 à 3850 milliards de m3. Les États-Unis ont augmenté leur consommation de 80 mds m3, la Chine de 40 mds.

 

La Russie a rencontré un vrai problème de pollution de son pétrole risquant d’endommager les raffineries. Depuis avril, l’oléoduc Druzhba vers l’Europe de l’Est et l’Allemagne est fermé avec 8 à 9 millions de pétrole « sale » dont personne ne veut. Cet oléoduc a une capacité de 1 mbj. Ceci représente une perte pour le marché d’à peu près 250 000 bj.

 

En mai, les exportations iraniennes de pétrole n’auraient pas dépassé 500 000 bj et l’Iran continue à augmenter ses stocks à terre et flottants.

 

D’après Reuter, la production de pétrole del’OPEP en mai aurait été de 30,17 mbj en baisse de 60 000 bj sur avril et au plus bas depuis 2015. L’Arabie Saoudite a augmenté sa production de 200 000 bj mais cela reste insuffisant face aux baisses de l’Iran (- 400 000 bj) et du Venezuela (- 50 000 bj). L’Arabie Saoudite s’apprêterait à augmenter au 1er juillet son prix de $ 1 la baril l’amenant au plus haut depuis janvier 2014.