Brèves de marchés

Mars 2020

 

D’après l’ICG, la production mondiale de blé atteindrait le niveau record de 769 mt en 2020/2021 après 763 en 2019/2020.

 

La production mondiale d’étain a diminué de 6,6 % à 335 000 tonnes en 2019 d’après l’ITA. L’essentiel de cette baisse est lié à la Chine. Le premier producteur mondial est désormais PT. Timah en Indonésie avec 76 400 tonnes.

 

Fin février, le gouvernement argentin a décidé de suspendre l’enregistrement des exportations agricoles. A priori, on peut anticiper une forte hausse des taxes à l’exportation. L’Argentine serait sur le point d’augmenter sa taxe à l’exportation de soja de 30 % à 33 %. On parle d’une grève du campo dans les jours à venir.

 

La production de sucre de l’Inde devrait se situer à 26,5 mt pour la saison 2019/2020. Cela dégagerait 6 mt à l’exportation pour lesquels le gouvernement donne une subvention de $ 145 la tonne. À fin février, l’Inde avait contracté 3,2 mt à l’exportation.

 

D’après le WPIC, le marché mondial du platine restera excédentaire en 2020 de 119 000 onces contre 65 000 en 2019.

 

Le coronavirus a provoqué la flambée des prix de l’un des rares produits agricoles dont la Chine domine le marché : l’ail (garlic). L’indicateur de Mintec (ail, gingembre, chilli) est en hausse de 17 % en deux mois. La Chine compte pour 80 % des exportations d’ail, 47 % de celles de gingembre et 20 % de chilli.

 

Pour la première fois, la Chine a importé en 2019 plus de 100 mt de bauxite (+22 % et le double par rapport à 2016 !). Elle a aussi importé 1,3 mt d’alumine.

 

L’impact du coronavirus se fait sentir sur tous les marchés : minerai de fer, caoutchouc (15 % de baisse à Tokyo en un mois), fret maritime (le Baltic est au plus bas depuis 2016), acier, cuivre, cobalt

 

En janvier, les importations indiennes d’huile de palme malaisienne étaient en baisse de 85 % sur un an à 46 876 tonnes. Par contre, la Malaisie a augmenté ses ventes vers le Pakistan et l’Arabie saoudite, à 170 000 tonnes soit le double pour le Pakistan.

 

La production australienne de blé est tombée en 2019/2020 au plus bas depuis 2008 à 15,17 mt (ABARES). Certaines estimations sont encore plus basses à 14,5 mt. Cela ne laissera que 7 à 7,5 mt pour l’exportation. Le principal négociant australien, Graincorp, a souscrit une police d’assurances lui garantissant un revenu lorsque la production est inférieure à 15,3 mt.

 

L’Inde a proposé de réduire ses taxes douanières sur les importations de volailles et de produits laitiers américains dans la perspective de la visite de Trump à Delhi.

 

D’après l’ILZSG, le marché mondial du zinc a été en déficit de 189 000 tonnes en 2019 après 522 000 tonnes en 2018.

 

Échec de la réunion OPEP+ à Vienne le 6 mars et dans la foulée, décision de l’Arabie saoudite de « casser » le marché : le 9 mars le baril de Brent tournait autour de $ 30, la nouvelle prévision de Goldman Sachs pour les mois à venir !

 

Pourtant, sur les deux premiers de 2020, les importations chinoises de pétrole brut étaient 5,2 % plus élevées à 10,4 mbj soit un gain sur l’année de 350 000 bj. Même en tenant compte de l’augmentation des exportations de produits raffinés (+ 16,6 %) et des stocks (au niveau record de 782 m barils), la consommation est restée au minimum stable.

 

Goldman Sachs table sur un marché excédentaire de 1,2 mbj encore à l’été. Et l’effet sur la production de pétrole de schiste américain serait limité : – 75 000 bj au troisième trimestre et – 250 000 bj en fin d’année.

 

Une première mesure de l’impact du coronavirus sur la demande chinoise de pétrole. Petrochina a décidé de réduire de 320 000 bj l’activité de ses raffineries chinoises en février et de 377 000 bj en mars. Sinopec a annoncé une réduction de 600 000 bj. Au total, si on rajoute les raffineurs indépendants du Shandong, la demande chinoise en février pourrait diminuer de 3,2 mbj. Sur l’année en moyenne, BP tablait début février sur une baisse de 300 à 500 000 bj.

 

Le 7 février, le prix spot du GNL en Asie est tombé pour la première fois en dessous de $ 3 le mbtu à $ 2,95, une baisse de 57 % par rapport à la mi-octobre, de 86 % par rapport au record de février 2014. À ce prix, le gaz naturel devient vraiment compétitif face au charbon pour la production d’électricité. Cette baisse est aussi liée au coronavirus dans la mesure où des acheteurs chinois ont déclaré force majeure sur plusieurs navires qui se dirigeaient vers des ports chinois. Total a rejeté une demande de force majeure de la part d’un acheteur chinois.

 

L’AIE estimait à la mi-février que pour la première fois depuis la crise de 2009, la demande de pétrole allait diminuer au premier trimestre 2020 de 435 000 bj. Pour l’ensemble de l’année l’augmentation moyenne ne serait plus que 825 000 bj, là aussi le plus bas depuis 2011. De son côté, l’OPEP estime que la demande faite à l’OPEP diminuerait de 200 000 bj. La demande mondiale diminuerait de 230 000 bj à 990 000 bj. Enfin, l’Agence de l’Énergie américaine a réduit sa prévision de 310 000 bj à 1,03 mbj. Pour l’EIA, la production américaine augmenterait de 960 000 bj.

 

Le marché du « Very low sulphur oil », le nouveau carburant marin compatible avec les normes IMO se détend un peu. Après avoir atteint une prime de $ 29,35 sur le baril de Brent début janvier, il ne cotait plus que $ 16,35 sur le baril de Brent à la mi-février. Le coronavirus est passé par là…

 

Grâce à l’effondrement des prix du GNL, l’Inde augmente ses importations qui devraient atteindre en février le niveau record de 2,36 mt atteignant le maximum possible et ont donné les capacités des terminaux indiens.

 

En février, l’OPEP n’a pompé que 27,84 mbj, au plus bas depuis une dizaine d’années, cela en grande partie « grâce » à la Libye qui n’a pompé de 155 000 bj contre 760 000 bj en janvier.

 

Le charbon a représenté encore 57,7 % du mix énergétique chinois en 2019, certes en baisse de 1,5 %, mais en réalité la consommation de charbon a augmenté de 1 %. Les énergies « propres » (hydro, nucléaire, renouvelable) représentent désormais 23,4 % du total.

 

D’après les données de Refinitiv, les importations chinoises de pétrole en février seraient encore de 10,53 mbj contre 10,69 en janvier : une baisse de 160 000 bj qui relativise l’impact du coronavirus.

 

Le taux de fret des tankers se sont effondrés de 80 % depuis le début du coronavirus. A la mi-février un VLCC se louait $ 23 000 par jour contre $ 100 000 au plus haut en novembre (on a même parlé de $ 140 000 !).

 

D’après Schlumberger, la croissance de la production de pétrole de schiste aux États-Unis devrait ralentir à 600/700 000 bj en 2020 et 200 000 bj en 2021.

 

Une entreprise mexicaine, Libre Abordo, s’est lancée dans des swaps « food for oil » avec le Venezuela portant sur plus de 6 millions de barils de pétrole contre du maïs blanc et de l’eau.

 

D’après Shell, la demande mondiale de GNL augmenterait à 700 mt en 2040. En 2019, la demande avait augmenté de 12 % à 359 mt.

 

Baisse des investissements mondiaux en exploration-production d’hydrocarbures en 2019, de $ 669 milliards en 2015 à $ 540 milliards et une prévision à $ 517 milliards en 2020.

 

Au lendemain du contre-choc pétrolier du 8 mars, on commençait à compter les cadavres : Occidental Petroleum, qui avait acheté Anardako pour $ 38 milliards en 2019, a vu le cours de son action dévisser de 52 % pour une capitalisation de $ 11,2 milliards. Exxon a baissé de 12 %, Chevron de 15 %, Total de 16 % et BP de près de 20 %. Les Russes Lukoil et Rosneft ont respectivement perdu 20,4 % et 18,5 %.
Par ailleurs, le célèbre spéculateur Pierre Andurand, désormais basé à Malte (!), serait « short » sur le marché depuis trois semaines en jouant sur l’impact du coronavirus sur la demande pétrolière. Andurand était encore long début janvier. Ceci confirme un mouvement général chez les gérants de portefeuilles.

 

Le contre-choc représente une perte de $ 500 millions par jour pour les producteurs de l’OPEP. Si on prend les extrêmes sur le baril de Brent ($ 71,75 au plus haut début de janvier après la mort du général iranien Soleimani et $ 31,02 en séance au plus bas le 8 mars) les pertes virtuelles sont encore plus importantes. Ceci étant, la Russie, l’Arabie saoudite et les Émirats ont des réserves : $ 500 milliards chacun pour la Russie et l’Arabie saoudite. On estime que la Russie peut tenir au moins six ans à des prix de $ 20 à $ 30. Le « fiscal breakeven » russe serait de l’ordre de $ 42, celui de l’Arabie saoudite supérieur à $ 80. A priori, l’Arabie saoudite devrait voir exploser son déficit budgétaire bien au-delà des 10 % en 2020.

 

L’AIE commence à faire ses révisions post-coronavirus. Selon ses prévisions, la demande mondiale de pétrole diminuerait de 90 000 bj (pour la première fois depuis 2009) pour s’établir à 99,9 mbj. Au premier trimestre, la demande aurait baissé de 2,5 mbj (dont 1,8 mbj en Chine – ce qui ne cadre pas vraiment avec les chiffres d’importation chinoise). En 2021, la consommation mondiale rebondirait de 2,1 mbj.