Brèves de marchés

Juillet-Août 2018

 

Nouveau record de production d’aluminium pour la Chine en juillet, en hausse de 12 % à 2,93 mt, soit 94 500 tonnes par jour. Sur sept mois, la hausse est de 3 % malgré des fermetures de capacité. La Chine représente désormais 57 % de la production mondiale.

 

Début août, Sinograin, le stock public chinois a reçu un cargo de graines de soja américaines de 70 000 tonnes pour une valeur de $ 23 millions et a donc dû payer $ 6 millions de taxes supplémentaires.

 

Après la découverte de cas de peste porcine africaine, les autorités chinoises ont fermé l’un des plus gros abattoirs de porc du pays appartenant à WH Group.

 

En un an, le prix du carbone (la tonne de CO2) a flambé de 300 %, partant – il est vrai – de niveaux très faibles.

 

Mais la star de l’été est le blé au plus haut depuis trois ans à près de $ 6 le boisseau (et avec un dollar fort). Certes, les stocks mondiaux en début de campagne (273 mt) sont à un niveau record, mais 46 % sont en Chine, en dehors du marché (le prix intérieur est de $ 9,75 le boisseau). Chez les grands exportateurs, la situation est médiocre du fait de sécheresses sauf aux États-Unis. On commence même à parler de limitations à l’exportation par la Russie à l’automne pour privilégier le marché intérieur.

 

Sur le marché chinois, le coke (dérivé du charbon à coke) atteignait fin août des niveaux record à $ 396 la tonne et plusieurs producteurs réduisent leurs flux à l’exploitation.

 

La Côte d’Ivoire aurait vendu « forward » 1,7 mt de cacao de la récolte 2018/2019 en profitant du rebond du marché. Par ailleurs, le gouvernement souhaite faire passer de 35 % à 50 % la part des broyages locaux.

 

Pour la première fois depuis 2006, le prix de la livre de café à New York est passé en dessous d’un dollar.

 

Au premier semestre, le marché mondial du cuivre a été excédentaire de 114 000 tonnes. Par contre, l’aluminium a été déficitaire de 334 000 tonnes, le nickel de 22 000 tonnes, le zinc de 17 000 tonnes et le plomb de 39 000 tonnes. Le marché de l’étain a été à l’équilibre.

 

En pleine crise, avec des taux d’intérêt remontés à 60 %, l’Argentine vient de rajouter une taxe à l’exportation sur le blé de 10 % et d’augmenter de 3 % celle sur le soja.

 

Finalement, les grèves anticipées dans le secteur du cuivre au Chili ne se sont pas concrétisées après l’accord intervenu à La Escondida.

 

C’est le 23 octobre que le couperet va tomber sur les clients de Rusal. À cette date, les autorités américaines interdiront tout rachat d’aluminium au premier producteur mondial.

 

D’après l’OPEP, la consommation mondiale de pétrole devrait atteindre les 100 mbj d’ici la fin de l’année.

 

L’Inde devrait dépasser le Brésil en 2019 comme premier producteur mondial de sucre avec 35 mt contre 30 seulement pour le Brésil. Avec une consommation indienne de l’ordre de 25 mt et des stocks de 10 mt, le potentiel d’exportation indien fait frémir les marchés.

 

Sur les marchés agricoles, la dépréciation des monnaies des pays exportateurs a un effet perturbateur : Argentine – 60 % depuis le début de l’année, Brésil – 20 %, Russie – 15 %…

 

En 2017, la Turquie a été le premier importateur mondial de ferrailles avec près de 21 mt, loin devant la Corée du Sud (6,1 mt). Les États-Unis ont été le premier fournisseur de la Turquie (3,8 mt), et il sera intéressant de suivre l’évolution de ce flux avec la montée des tensions entre Trump et Erdogan. Depuis le 10 août, les États-Unis taxent à 50 % les exportations d’acier turc.

 

Sur la campagne 2018/2019, le coût de production du blé en France est estimé à € 160 la tonne (pour un rendement de 71 quintaux à l’hectare) par ODA, à € 165 par Agritel.

 

Le Vietnam devrait produire 30 millions de sacs de café en 2018/2019 d’après l’USDA. Mais avec la baisse des prix, les producteurs s’orientent vers d’autres productions : après le poivre, des fruits comme le « durian ». Quant au Brésil, d’après la CONAB, il produisait 58 millions de sacs.

 

Le contentieux entre les États-Unis et la Turquie pourrait avoir des conséquences sur les importations turques de coton américain : près de la moitié des besoins turcs sont couverts par du coton américain.

 

Sur des marchés des métaux fort moroses, c’est le zinc qui remporte la palme avec une baisse des prix sur l’année de 29 % devant le plomb (- 19 %) et le cuivre (- 18 %).

 

Pendant l’été, la prime du soja brésilien s’est élevée à $ 66 la tonne : $ 396 fob Paranagua contre $ 330 fob golfe du Mexique.

 

D’après Wood Mackenzie, la demande mondiale de pétrole devrait atteindre son point le plus haut en 2036. Ceci tient compte des évolutions en matière de transport.

 

En août, les exportations iraniennes de pétrole ont baissé à 2,06 mbj contre 3,09 mbj au plus haut en avril. Les importations indiennes ont ainsi diminué d’un tiers (523 000 bj).

 

En 2017, le marché des métaux recyclés a été évalué selon Global Markets Insight à $ 90 milliards (ferrailles et non-ferreux). En 2024, il pourrait atteindre $ 125 milliards.

 

Après avoir culminé à la mi-août à son plus haut niveau depuis sept ans, le marché chinois de l’acier (qui avait gagné 29 % en huit mois) commencerait à plafonner (au-dessus de $ 600 la tonne pour les ronds à béton quand même !). En juillet, la Chine a produit 81,24 mt d’acier. Pour la première fois, l’Inde a supplanté le Japon comme deuxième producteur mondial : mais avec 9 mt en juillet, l’Inde est un nain face à la Chine. L’Allemagne est à 3,9 mt, la France à 1,31…

 

Sur le marché asiatique, à la fin du mois d’août, le GNL cotait $ 11.50 le mbtu grâce à une forte demande du Japon et de la Corée.

 

La situation sur le marché du maïs est en contraste total avec celle du blé : la production mondiale serait d’après le CIG de 1064 mt dont 370,5 mt aux États-Unis (un chiffre identique à la campagne précédente). Par contre la demande mondiale serait supérieure à 1105 mt. Mais les perspectives de marché restent favorables et récemment on a parlé à moyen terme de $ 8 le boisseau ! Et que dire si la Chine développe son éthanol.

 

En août, la production russe de pétrole s’est maintenue au niveau record de 11,2 mbj (le record postsoviétique remonte à octobre 2016 à 11,24 mbj).

 

En juin, la Libye n’a produit que 527 000 bj de pétrole contre 1,28 mbj en février. Par contre, l’Arabie Saoudite a sur ce mois livré au marché 10,579 mbj, plus que sa production de 10,488 mbj. Les exportations auraient été de 7,62 mbj, en hausse de 407 000 bj par rapport à mai. Au total, l’OPEP a produit en juin 32,32 mbj, en hausse de 320 000 bj par rapport à mai.

 

Pour 2018/2019, la production mondiale de grains (hors riz) atteindrait d’après l’ICG 2077 mt pour une consommation de 2131 mt. La production de blé serait de 736,8 mt avec la Russie à peine au-dessus de 70 mt. La production de maïs serait de 1052 mt. Par contre, la production de soja serait en hausse à 358 mt.

 

En mai, les importations chinoises de ferrailles ont baissé de 27,7 % (520 000 t), celles de serap cuivreux de 33 % (210 000 t) et celles de serap aluminium de 40 % (110 000 t). Les importations de vieux papier se sont effondrées de 64,8 % à 860 000 tonnes et il n’y a pas eu d’importations de plastiques recyclés (chiffres par rapport à mai 2017).

 

Pour la quatrième année consécutive, le marché du platine devrait être excédentaire en 2018 d’après le CPM Group : l’excédent est évalué à 407 000 onces pour une production de 7,3 millions d’onces. Par contre, le marché du palladium resterait déficitaire.

 

Sur la saison 2017/2018, la Russie a exporté un montant record de 52,9 mt de céréales. Pour 2018/2019, on s’attend à un repli à 42/45mt (en 2016/2017, la Russie avait exporté 35 mt).

 

La très forte volatilité du spread entre le Brent et le WTI sur le marché du pétrole ($ 11.57 le 6 juin, $ 5 au début juillet) a coûté très cher aux grands traders et Vitol, Trafigura et Gunvor ainsi que BP auraient enregistré des pertes de plusieurs dizaines de millions de dollars.

 

À la mi-juillet, la production de pétrole américaine a atteint pour la première fois de l’histoire 11 mbj. Cependant en juin, la production russe a légèrement dépassé 11 mbj.

 

Stabilité de la production mondiale d’aluminium au premier semestre 2018 à 31,76 mt (- 1 %) notamment du fait de la baisse de 3 % de la production chinoise. La consommation augmentant de 4 à 5 %, le marché mondial serait en déficit en 2018 de 1,5 mt.

 

En juin, la Chine a produit 80,2 mt d’acier. La marge moyenne des producteurs est estimée par CRU à $ 119.50 la tonne. Sur ce mois, la Chine a exporté 6,94 mt.

 

Annoncé le 27 juillet, le plan américain de $ 12 milliards de soutien aux agriculteurs s’articule autour d’aides directes payées par la CCC aux producteurs de soja, sorgho, maïs, blé, coton, produits laitiers et porc pour au moins $ 7 à $ 8 mds avec par exemple une aise directe de $ 1.65 le boisseau pour les producteurs de soja pour la moitié de leur production.

 

Les autorités britanniques ont donné leur accord pour le premier forage de gaz de schiste « onshore » par une société du nom de Cuadrilla.

 

En juillet, l’OPEP a pompé 32,64 mbj de pétrole, en hausse de 70 000 bj sur juin. La production iranienne a diminué de 100 000 bj.

 

Les États-Unis ont fait une liste des principaux métaux pour lesquels ils dépendent de la Chine : bismuth (77 %), baryte (69 %), antimoine (62 %), graphite (35 %), tungstène (34 %), titane (8 %), tantale (23 %), cobalt (15 %), terres rares (78 %).

 

D’après l’Agence de l’Énergie américaine, la production de pétrole des États-Unis augmentera de 1,31 mbj en 2018 à 10,68 mbj et de 1,02 mbj en 2019 à 11,7 mbj. En juillet, les importations chinoises se sont élevées à 8,48 mbj, un peu en dessous de la moyenne des sept premiers mois (8,98 mbj).

 

La vague de chaleur en Chine a poussé les importations de charbon au plus haut en cinq ans en juillet à 29 mt. Les importations chinoises ont progressé de 10 % au premier semestre et début août, le charbon vapeur était à $ 121 fob Newcastle, au plus haut depuis 6 ans. Glencore a signé un contrat pour l’année japonaise 2018/2019 avec les utilities japonaises à $ 110 la tonne, soit une hausse de 30 %.

 

À la suite des déclarations canadiennes sur les droits de l’homme en Arabie Saoudite, la SAGO (Sandi Grains Organisation) a décidé de ne plus acheter de blé ni d’orge canadienne. Signalons que la compagnie publique saoudienne SALIC possède une partie de l’ancien Canadian Wheat Board.

 

D’après un sondage de Reuters, le prix mondial du sucre devrait terminer l’année à 12 cents la livre. L’excédent mondial pour 2017/2018 serait de 10,8 mt et de 6 mt pour 2018/2019.

 

La Chine s’est attaquée début août au talon d’Achille américain : les exportations de pétrole et de GNL. Au premier semestre, la Chine avait importé 313 000 bj de pétrole américain (342 000 bj en août) et 1,9 mt de GNL (150 000 en août). La Chine menace de mettre des droits de douane de 25 % sur $ 16 milliards supplémentaires, mais le pétrole n’en fait pas encore partie.

 

La récolte de céréales de l’Allemagne sera la plus faible depuis 24 ans à 36,3 mt, en baisse de 20 % par rapport à 2017. En Allemagne, les températures de juillet ont été les plus élevées depuis 1881.

 

Goldfields a décidé de restructurer, en supprimant la moitié des emplois, la mine d’or de South Deep, la plus profonde au monde (plus de 3 km) en Afrique du Sud.

 

Il se dit que certains hedge funds comme Andurand Capital parient sur le pétrole à $ 50 le baril dans la logique des conséquences de l’embargo iranien. En juillet, Andurand a perdu 15,2 %.

 

En mai, la Chine a importé 94,14 mt de minerai de fer (91,52 mt en mai 2017) ce qui fait 448 mt sur cinq mois. La production d’acier a atteint un record de 1,96 mt par jour avec une marge moyenne de $ 110 par tonne. Sur cinq mois, la production d’acier a été de 370 millions de tonnes en hausse de 5,4 %.

 

À la mi-juin, le charbon vapeur était au plus haut depuis 2012 à $ 115 la tonne fob Newcastle (Australie). Ceci est lié à la vague de chaleur qui touche l’Asie et qui se traduit par une demande supplémentaire d’électricité (cooling season). En 2016, la tonne de charbon était descendue à $ 50. Parallèlement, le marché du GNL en Asie est lui aussi en ébullition à plus de $ 10 le mbtu.

 

En 2017, les échanges mondiaux de GNL ont atteint 38,2 milliards de pieds cubes, en hausse de 10 % par rapport à 2016. il y avait 19 pays exportateurs et 40 pays importateurs. Le premier importateur mondial a été le Japon (11 mds) devant la Chine (5,2).

 

La décision de l’OPEP d’augmenter sa production de pétrole se traduira dès juillet par une hausse de la production saoudienne au niveau record de 11 millions bj.

 

La décision de l’OPEP d’augmenter sa production de pétrole se traduira dès juillet par une hausse de la production saoudienne au niveau record de 11 millions bj.

 

Forte hausse des prix du bois d’œuvre (lumber) en Amérique du Nord à la suite de feux de forêts, d’invasions de capricornes et surtout des menaces de taxes sur les exportations canadiennes vers les États-Unis (20,8 % depuis avril).

 

À nouveau, la Libye soutient le marché du pétrole avec l’attaque à la mi-juin des ports de Ras Lanuf et d’Es Sider provoquant une baisse d’exportation estimée à 240 000 bj. Par ailleurs, en mai, certaines estimations mettent la production du Venezuela à 1,39 mbj au plus bas depuis les années cinquante. Pendant ce temps-là à Vienne, les représentants de l’OPEP rencontraient quelques dirigeants pétroliers américains, producteurs de shale oil, comme Harold Hamm (Continental Oil) ou John Hess.

 

D’après les estimations de Roskill, la demande mondiale de cobalt atteindrait 310 000 tonnes en 2027 contre 118 000 tonnes en 2017. La demande pour les batteries s’élèverait à 240 000 tonnes.

 

Sur les cinq premiers mois de 2018, les importations chinoises de pétrole ont augmenté de 690 000 bj et celles de l’Inde de 272 000 bj, ce qui fait un total de 962 000 bj à comparer aux 1,4 mbj que l’AIE anticipe comme augmentation de la demande mondiale en 2018. Par ailleurs, en juillet, la Chine devrait importer 450 000 bj de pétrole américain !

 

Le secteur pétrolier américain s’inquiète des mesures prises par les États-Unis sur les importations d’acier. En effet, d’importants programmes de construction de pipelines sont en cours et 77 % de l’acier est importé, souvent sans alternative de production locale pour ce type d’aciers spéciaux.

 

L’Inde a mis en place des sanctions contre les États-Unis : elles touchent notamment les amandes dont l’Inde est le premier importateur mondial en provenance des États-Unis (la moitié des exportations américaines). L’Inde va aussi taxer les pois chiches… Par contre, il semblerait que l’Inde ait décidé d’obtempérer aux sanctions américaines contre l’Iran et réduise de manière très forte ses importations de pétrole iranien.