Brèves de marchés

Juin 2017

 

La mise au ban du Qatar par la communauté arabe pose nombre de problèmes : les navires chargés de pétrole et de GNL qatari ne peuvent plus faire escale dans les ports du Golfe. Le Qatar ne peut plus importer de produits alimentaires transitant par ces pays (ni acheter de sucre blanc aux raffineurs de la région ce qui peut être un problème en période de Ramadan…)

 

L’Égypte serait sur le point de revenir à sa politique d’importation de blé sans ergot ce qui ouvre une nouvelle période d’incertitude pour ses fournisseurs. Une décision judiciaire devrait intervenir le 13 juin.

 

D’après l’ILZSG, le marché du zinc sera en déficit de 226 000 tonnes en 2017 avec une hausse de la demande de 2,6 % à 14,3 millions de tonnes.

 

En 2016, d’après le Silver Institute, la production mondiale d’argent a diminué de 0,6 % à 885 millions d’onces. Alors que la demande diminuait pour la joaillerie, celle de l’industrie du solaire a augmenté de 34 %.

 

D’après l’ICCO, la récolte mondiale de cacao serait plus importante que prévu en 2016/2017 à 4,69 Mt pour des broyages estimés à 4,26 Mt dégageant un excédent de 382 000 tonnes.

 

À la mi-mai, au moins trois super tankers (2,5 mb) voguaient vers l’Asie chargés de pétrole américain. Le niveau d’exportation américain est de l’ordre de 1 à 1,2 mbj ; en juin la production de shale oil américaine devrait atteindre 5,4 mbj, une hausse de 617 000 bj depuis le mois de décembre. Au même moment, on apprend un rebond probable de la production en mer du Nord, de l’ordre de 400 000 bj d’ici 2020. Quant aux stocks dans les pays industrialisés (3 milliards de barils d’après l’AIE), ils étaient à la fin mars supérieurs de 300 millions barils à leur moyenne de cinq ans.

 

La récolte brésilienne de grains devrait atteindre, d’après la CONAB, 232 millions de tonnes en 2016/2017 (+24,3 %) : 113millions de tonnes de soja, 92,8 millions de tonnes de maïs. Il va maintenant falloir les sortir !

 

Le marché du sucre serait excédentaire de 3 millions de tonnes en 2017/2018 d’après Sucden. L’ISO fait la même prévision. Datago, un consultant brésilien parle d’un déficit de 200 000 tonnes. L’USDA anticipe une production mondiale record de 180 millions de tonnes en 2017/2018 pour une demande de 17,8 millions de tonnes.

 

Le Mexique va importer du maïs brésilien : on parle de 300 000 tonnes sur la période août/octobre. Le maïs brésilien revient seulement à $ 3 à $ 5 la tonne plus cher que le maïs américain malgré les coûts du fret maritime. Le Mexique a importé en 2016, 12,75 millions de tonnes ds États-Unis.

 

Tohoku Electric Power a signé son contrat annuel d’importation de charbon avec Glencore à $ 85 la tonne ($ 61, 10 en 2016) à un moment où le marché spot était à $ 76, 48. Glencore aurait des coûts de production de $ 44.

 

Bob Lighthizer a été confirmé sans problème par le Congrès (82 à 14 votes au Sénat comme US Trade Representative).

 

Le 18 mai à New York une toile de Jean-Michel Basquiat a atteint $ 110,5 millions payés par un milliardaire japonais de
l’e-commerce Yusaku Maezawa. Au total, sur cette semaine à New York, Sotheby’s, Christie’s et Philips ont réalisé pour $ 1,4 milliard.

 

La mousson est arrivée sur les côtes du Kerala en Inde dès la fin mai, au plus tôt depuis 2011. Ceci augure d’une excellente campagne agricole.

 

Touchée par la baisse des prix du cacao et par des dépenses supplémentaires destinées à calmer la colère des militaires ($ 170 millions), la Côte d’Ivoire va émettre un emprunt euro-obligatoire de $ 1 milliard.

 

Le sucre ne perd pas sa réputation de produit éminemment politique. Alors qu’en Chine le gouvernement a décidé d’augmenter fortement les droits de douane, le conflit entre le Mexique et les États-Unis s’est encore aggravé. Une enquête du Financial Times pointe le rôle de la famille Fanjul propriétaire de sucreries et de raffineries aux États-Unis et en République dominicaine ainsi que de Tate and Lyle Refineries au Royaume-Uni.

 

Sur les cinq premiers mois de 2017, l’Australie a exporté 17,2 millions de tonnes de grains (blé, orge, colza…), en hausse de 60 %. le blé australien (ASW) est à $ 185/195 fob au plus bas depuis dix ans.

 

Le gouvernement turc a fait acheter des noisettes par l’Office des Céréales (TMO) afin de soutenir les cours.

 

L’OPEP estime la croissance de la production NOPEP de pétrole à 950 000 bj en 2017, dont 820 000 bj pour les États-Unis. Mais il faut aussi tenir compte du Canada et du Brésil : 200 000 bj de plus au Canada (à 4,7 mbj) et 220 000 bj de plus au Brésil (à 2,8 mbj) d’après une enquête menée par le Wall Street Journal. De son côté, l’EIA a relevé son estimation de la production américaine en 2018 à 10,01 mbj ce qui serait un record (9,6 mbj en 1970).

 

Blocage en Australie pour le projet d’une mine de charbon du milliardaire indien Gautam Adani qui réclame du gouvernement de l’état du Queensland une exemption fiscale et une subvention pour la construction d’une ligne ferroviaire. Ce devrait être la plus importante mine de charbon australienne.

 

Fortes tensions sur le marché à terme du coton (l’ICE) en mai. En quelques jours, les prix ont flambé au plus haut depuis 2014. Sur 2017/2018, la demande en progression de 2 % dépassera encore l’offre. La demande pour le coton américain a tiré les prix sur le marché de New York : mais beaucoup de contrats sur juillet restent en « prix à fixer ».

 

Donald Trump a obtenu l’ouverture du marché chinois aux agences de rating américaines, aux cartes de crédit et… à la viande bovine, jusque-là bloquée pour des raisons sanitaires.

 

Dans un papier intéressant publié par le Financial Times, le consultant Pierre Lacaze propose une stratégie nouvelle pour l’Arabie Saoudite en matière de pétrole : hedger une partie de sa production par des contrats de vente à trois à cinq ans ce qui aurait l’avantage de revenir à une situation de backwardation et de gêner les producteurs américains.

 

Au premier trimestre 2017, l’Union européenne a vendu près de 400 000 tonnes de viande porcine à la Chine, devant le Canada (93 000 tonnes) et les États-Unis (87 500).

 

Négociations difficiles entre sidérurgistes japonais et producteurs australiens de charbon à coke. À la clef, la survie du système de négociations annuelles et trimestrielles. Parmi les producteurs, BHP veut comme les Japonais introduire plus de souplesse au mécanisme.

 

D’après l’USDA, les stocks de clôture chinois pour la campagne 2017/2018 seraient de 128 millions de tonnes de blé (65 Mt en 2013/2014) et de 81 millions de tonnes de maïs.