Brèves de marchés

Janvier 2020

 

Le nouveau gouvernement argentin n’a pas attendu pour augmenter les taxes à l’exportation sur les produits agricoles : de 25 % à 30 % pour le complexe soja et de 7 % à 12 % pour les céréales.

 

Sur la base de son indice GSCI, Goldman Sachs anticipe à douze mois une hausse des matières premières de 6,4 % : 5,1 % pour l’énergie, 7,7 % pour les métaux précieux, 7,9 % pour les viandes.

 

Le palladium a atteint la barre des $ 2 000 l’once. Certains analystes, comme Citi, anticipent $ 2 500 pour 2020. Le marché (10 millions d’onces) serait déficitaire pour la huitième année consécutive, de 430 000 onces cette fois d’après Metals Focus. Les stocks mondiaux ne seraient plus que de 13 millions d’onces. La hausse la plus récente est liée aux problèmes rencontrés par les mineurs sud-africains dans leur approvisionnement en électricité. L’Afrique du Sud représente 40 % de l’approvisionnement mondial en palladium.

 

Le Pentagone lance un programme de stockage de composants en terres rares. Il a fait un appel d’offres pour le stockage d’aimants à partir de neodymium (NdFeB), inventé aux États-Unis, mais qui n’est plus produit qu’en Chine et au Japon.

 

Dans le cadre de l’accord de « Phase 1 » entre les États-Unis et la Chine, la Chine a donné des exemptions de tarifs douaniers sur six produits chimiques (HDPE, LLDPE…). Ceci représentait des flux d’au moins $ 14 milliards en 2018. Par ailleurs, durant la semaine du 12 décembre, la Chine a battu des records d’importation de porc américain à plus de 15 000 tonnes.

 

En novembre, la production mondiale d’acier a été de 147,8 mt en baisse de 1 % sur novembre 2018. La Chine, à 80,3 mt est en hausse de 4 % et pèse 54,3 % de la production mondiale. Le reste du monde est en forte baisse : – 10,7 % dans l’UE28.

 

L’armée américaine va financer des capacités de production de terres rares. C’est la première fois que l’Armée s’implique dans un projet de cette nature depuis le projet Manhattan de bombe atomique en 1942. L’armée financerait les deux tiers d’une installation privée de production de terres rares lourdes.

 

CRU anticipe une hausse de 7 % de la production chinoise d’aluminium en 2020. Ceci fera plus que compenser les réductions annoncées par Norsk Hydro, Alcoa et Rio Tinto.

 

En 2019, le Brésil a exporté un niveau record de 1,8 mt de viande bovine (1,6 en 2018) et devrait dépasser les 2 mt en 2020. En 2019, cela a représenté $ 7,5 milliards.

 

L’Indonésie continue à soutenir le marché de l’huile de palme : au 1er janvier 2020, le taux d’incorporation dans le diesel passera à 30 % et pourrait monter à 40 % en 2021 ou 2022.

 

En 2019/2020, le Brésil sera de loin le premier producteur mondial de soja avec 123 mt (121 mt pour la CONAB) contre 96,6 mt pour les États-Unis d’après l’USDA. Le Brésil devrait en exporter 75 mt. En 2019, le complexe soja a rapporté $ 32,13 milliards au Brésil. À la mi-décembre, la tonne de soja valait $ 363 fob Paranagua contre $ 348 fob Golfe.

 

La production d’acier en Chine devrait diminuer légèrement en 2020 d’après la China Metallurgical Industry Planning and Research Institute. De 988 mt estimés pour 2019, elle serait de 981 mt en 2020. La demande (886 mt en 2019) diminuerait aussi de 0,6 %. En 2019, la demande aura augmenté de 7,3 %, dont une hausse de 11,2 % pour le secteur de la construction (478 mt). La demande de minerai de fer diminuerait aussi légèrement de 1264 mt à 1225 mt (1060 mt en 2018).

 

Forte hausse des prix des matériaux de construction en Chine : + 15 % de septembre à décembre pour le ciment, 12 % pour les ronds à béton. Un signe de la reprise de l’investissement ?

 

En fin d’année, l’activité reste soutenue en Chine. Les importations de cuivre (métal, anodes et produits semi-finis) ont augmenté en novembre de 12,1 % à 483 000 t. Sur onze mois, la Chine a importé 4,45 mt en baisse de 8,5 %. Les importations de concentrés ont augmenté de 12,7 % à 2,15 mt (20,11 mt sur onze mois en progression de 10,2 %). La Chine a aussi importé 8,28 mt de soja (+ 54 % par rapport à novembre 2018 et + 34 % sur octobre 2019)

 

Combien la Chine va-t-elle pouvoir importer de produits agricoles américains ? C’est là une question clef dans la mise en œuvre des accords sino-américains. Entre 2015 et 2017, la Chine avait importé en moyenne pour $ 24,2 milliards de l’agriculture américaine. En 2018, on était tombé à $ 16,23 milliards sur un total d’importations agricoles de $ 137,1 milliards. On voit mal comment la Chine pourrait remonter aux $ 40 milliards annoncés par Donald Trump : soja, céréales, viandes n’y suffiront pas. On pourrait par contre rajouter le coton, l’éthanol et même le matériel agricole. Mais même avec cela, l’addition ne colle pas ! La compensation pourrait venir du pétrole et du GNL.

 

La nouvelle mine de cuivre de Pumpkin Hollow de Nevada Copper aux États-Unis a un coût de revient (all-in sustaining cost) de $ 4 100 la tonne.

 

Après l’annonce des coupures de quotas de l’OPEP, Morgan Stanley a refait ses calculs pour le marché du pétrole. Tablant sur une augmentation de la production NOPEP de 1,8 mbj (dont 500 000 bj seulement pour les États-Unis) et à une diminution de la production OPEP de 400 000 bj (ce qui paraît réaliste), le marché resterait légèrement excédentaire et après $ 62.50 le baril au premier trimestre, le pétrole Brent reviendrait autour de $ 60. J. P. Morgan, par contre a revisé à la hausse ses prévisions à $ 64.50 en 2020 tablant sur un déficit du marché de 200 000 bj. Du côté de la demande, il faut surveiller la Chine dont l’augmentation des importations (11,13 mbj en novembre et une moyenne de 10,09 mbj sur onze mois soit une augmentation de 10,4 %). Une partie de ces importations va dans le stockage stratégique (880 000 bj estimés en 2019), mais une autre partie, raffinée, repart à l’exportation (1,44 mbj en moyenne sur onze mois, une augmentation de 14,2 %). Ce pétrole raffiné remplace donc de la demande extérieure…

 

Les températures plus chaudes qu’à l’habitude réduisent les besoins chinois en gaz naturel. Alors qu’en novembre, les importations de GNL ont été particulièrement élevées, des opérateurs chinois – CNOOC en particulier – cherchaient à la mi décembre à revendre sur le marché spot 5 à 7 cargaisons.

 

D’après Tanker Trackers, les exportations de pétrole du Venezuela ont atteint 935 000 bj en novembre contre 637 000 bj en septembre. Les sanctions américaines semblent s’essouffler. La production aurait atteint 965 000 bj (761 000 bj en octobre).

 

D’après l’EIA américaine, les États-Unis seraient en 2020 un exportateur net de pétrole. L’EIA estime l’augmentation de production à 930 000 bj pour atteindre 13,18 mbj. Les exportations nettes de pétrole et de produits pétroliers s’élèveraient à 570 000 bj en 2020. L’EIA a aussi relevé sa prévision d’augmentation de la demande mondiale à 1,42 mbj. Les prévisions de l’EIA semblent dans l’u et l’autre cas très optimistes.

 

La Guyana exporte ses premières cargaisons de pétrole produit par Chevron et Hess. En 2025, la Guyana devrait produire 750 000 bj et son brut (Liza) coter $ 4/$ 6 au-dessus du Brent.

 

L’OPEP anticipe que la demande de pétrole qui lui sera faite en 2020 sera de 29,58 mbj. Ceci est à comparer à une production en novembre de 29,55 mbj, avant les décisions prises au sommet de Vienne. La production NOPEP augmenterait de 2,17 mbj en 2020. L’AIE a à peu près la même estimation à 2,1 mbj. Mais elle estime que les réductions annoncées par l’OPEP+ ne porteront que sur 530 000 bj par rapport aux niveaux de novembre et que l’excédent mondial sera de 700 000 bj au premier semestre 2020, de 1 mbj par la suite.

 

Le premier jour de sa cotation, l’action Aramco a bondi de 10 % ce qui donne une capitalisation théorique de $ 1880 milliards, ce qui fait plus de deux fois le PIB saoudien !

 

La consommation de produits pétroliers en Inde a augmenté de 10,5 % en novembre par rapport à l’année précédente.

 

Le 31 décembre expire l’accord de transit du gaz naturel entre la Russie et l’Ukraine. Le renouvellement de cet accord apparaît difficile alors que l’Ukraine reste indispensable pour les exportations de Gazprom vers l’Europe.

 

En janvier 2020, la production de pétrole de schiste aux États-Unis devrait pour la première fois passer le seuil des 9 mbj (9,14 mbj selon l’EIA, en hausse de 29 000 bj) pour l’essentiel grâce au champ du Permian (Texas et Nouveau-Mexique).

 

D’après l’AIE, la demande mondiale de charbon restera stable jusqu’en 2024 : elle serait en 2024 de 5624 millions de tonnes. La demande chinoise (49 % du total mondial) atteindrait un plateau à partir de 2022. Par contre, la demande indienne augmenterait de 4,2 % par an, passant de 585 mt à 748 mt. Entre 2000 et 2019, la consommation mondiale de charbon a augmenté de 65 %.

 

Le dernier sondage de Reuter, fin décembre 2019, donne une prévision moyenne du prix du pétrole de $ 63 pour le Brent et de $ 57,70 pour le WTI.

 

En 2019, le Venezuela a exporté en moyenne un million de barils/jour de pétrole, acheté à 33,5 % par Rosneft, 11 % par le chinois CNPC, 7 % par Cubametales. 65 % des exportations vénézuéliennes sont parties vers l’Asie, 12 % vers l’Europe.

 

En décembre, pour le deuxième mois consécutif, la Chine a dépassé le Japon comme premier importateur mondial de GNL avec 7,2 mt.

 

Il n’y aura donc pas de guerre du gaz entre la Russie et l’Ukraine. Un accord a été signé in extremis entre les deux pays pour les cinq années à venir portant sur 65 milliards de mètres cube en 2020 et 40 milliards les cinq années suivantes. Gazprom paiera à l’Ukraine $ 2,9 milliards de pénalités, un montant décidé en 2018 par un arbitrage international à Stockholm.

 

En décembre 2019, l’OPEP a produit 29,5 mbj de pétrole, en baisse de 50 000 bj par rapport à novembre grâce a plus de discipline de la part du Nigeria et de l’Irak. L’Arabie saoudite quant à elle est 500 000 bj en dessous de son quota.

 

Le Mexqiue a terminé son programme de couverture (hedging) sur le marché du pétrole sur la base d’un baril à $ 49 contre $ 55 l’année précédente. Le Mexique le fait par un système d’options (put) principalement avec Shell, J. P. Morgan, Goldman Sachs, Citi et BNP Paribas.