Brèves de marchés

Juillet-août 2019

 

Goldman Sachs a publié une analyse originale sur le nickel en utilisant les méthodes d’évaluation des valeurs de croissance qui intègrent un facteur « espérance ». Le prix du nickel serait de $ 10 000 la tonne en se fondant sur les fondamentaux de l’acier inoxydable. Mais à cela, il faut ajouter $ 3 600 d’espérances dans le domaine des batteries. Cela donne une prévision à $ 13 600 la tonne !

 

Derrière la baisse du prix du nickel, il y a avant tout l’augmentation de la production de fonte de nickel (nickel pigiron) qui devrait augmenter de 200 000 tonnes à 900 000 tonnes en 2019, pour l’essentiel en Chine et en Indonésie.

 

D’après l’ISO, le déficit du marché mondial du sucre serait de 1,83 mt en 2018/2019 contre une précédente estimation de 641 000 tonnes. La production mondiale serait de 178,75 mt. pour 2019/2020, l’ISO s’attend à un déficit de l’ordre de 3 mt.

 

De manière paradoxale, l’or a dépassé le café comme premier produit d’exportation de l’Ouganda ($ 514 millions en 2018). Mais 90 % de cet or est entré en contre bande en provenance de RDC.

 

D’après une étude de l’université de Yale, le changement de modèle énergétique vers des énergies renouvelables entraînera, entre autres, une augmentation de la demande de cuivre de 275 % à 350 % d’ici 2050.

 

Un cas d’ESB a été découvert dans un élevage brésilien, ce qui a amené à suspendre les exportations de viande bovine du Brésil vers la Chine. La Chine a importé en 2018 au total 1,3 mt de viande bovine notamment d’Australie, d’Argentine et du Brésil.

 

C’est maintenant au vin français que Donald Trump a menacé de s’attaquer. Mais en fait, toute décision américaine de taxe toucherait de facto l’intégralité des exportations européennes de vin vers les États-Unis, à commencer par les vins italiens…

 

Du fait de la sécheresse en Australie, l’ABARE a diminué de 18 % sa prévision d’exportations de blé pour 2019/2020 à 11,7 mt. La production de laine devrait quant à elle diminuer de 9 % à 352 000 tonnes.

 

En mai, les importations de soja de la Chine ont diminué de 24 % à 7,36 mt. Sur les cinq premiers mois de l’année, la baisse est de 12,2 % à 31,75 mt. il faut y voir l’influence de la baisse de la demande due à la peste porcine. 6,3 mt venaient du Brésil qui avait exporté 9,1 mt vers la Chine en mai 2018.

 

D’après des chiffres officiels, en mai 2019 le cheptel chinois de truies a diminué de 24 % en un an. Mais certains analystes parlent de 40 à 50 %, ce qui entraînera une baisse considérable de la production de porc.

 

Le différent entre la Chine et le Canada (à propos de la mise ne résidence surveillée de la fille du fondateur de Huawei) passe du colza au porc avec le refus des autorités chinoises d’importer de la viande de porcs ayant été nourris avec de la ractopamine, théoriquement interdite par les autorités sanitaires. Après le porc, la viande bovine serait elle aussi concernée, les Chinois dénonçant le « laxisme » des certificats vétérinaires canadiens.

 

Le contrat de juillet de sucre sur l’ICE à New York a donné lieu à un record de mise en filière (livraison physique) : 41 500 lots soit 2,1 millions de tonnes achetées par Sucden, Alvean, Man et Dreyfus. Les vendeurs seraient Wilmar et Cofco. Tout le gotha du négoce du sucre !

 

En 2018, le marché mondial du lait a représenté, tous produits confondus, 871 millions de tonnes pour une valeur de 750 milliards d’euros.

 

Une gelée au Brésil aurait affecté les plantations de caféiers. Mais on est loin de la gelée historique de 1975…

 

La flambée des prix du minerai de fer ($ 126,50 la tonne début juillet) a conduit les principaux sidérurgistes chinois à mettre en place une commission d’enquête sur la formation des prix tels qu’ils sont calculés par les agences de cotation.

 

La fédération colombienne des producteurs de café réclame un prix minimum du café de $ 2 la livre. Actuellement, le prix payé au planteur en Colombie ($ 254 le sac de 125 kg) couvre à peine les coûts de production.

 

Le gouvernement américain pourrait mettre en place des quotas d’importation – en particulier en provenance du Kazakhstan pour encourager la production domestique d’uranium qui pour l’instant ne pèse que 2 millions de lbs par an pour une consommation de 50 mlbs.

 

Malgré la décision du gouvernement tanzanien de faire acheter et stocker par l’armée l’intégralité de la production nationale de noix de cajou (275 000 tonnes, soit 7,5 % de la production mondiale), les prix sont retombés au plus bas depuis cinq ans grâce aux excellentes récoltes du Vietnam et du Cambodge.

 

Baisse de la production chinoise de viande porcine au premier semestre 2019 à 27,7 mt (-5,5 %). Le cheptel chinois a diminué de 15 % à 347millions de têtes (d’autres sources officielles aussi donnent un recul de plus de 25 %). Les prix de détail du porc sont en hausse de 33 % en u an. À l’inverse, la production de viande de volailles est en hausse de 5,6 %, celle de viande bovine de 2,4 %.

 

La Chine a battu un record de promotion d’acier en juin sur une base journalière à 2,92 mt contre 2,87 mt en mai. Sur les six premiers mois de l’année, la production d’acier en Chine a augmenté de 10 %.

 

La Russie vise à l’horizon 2030 une production de grains de 150 mt grâce à un programme d’investissements de $ 70 milliards. Cette année, la production est estimée à 118 mt.

 

D’après les chiffres de l’OPEP, la production de pétrole des membres de l’organisation a été de 29,82 mbj en juin, en baisse de 68 000 bj. L’Iran aurait vu sa production diminuer de 142 000 bj alors que l’Arabie Saoudite augmentait la sienne de 126 000 bj. Pour 2020, l’OPEP prévoit une augmentation de la demande de 1,14 mbj, de la production non-OPEP de 2,44 mbj. La demande faite à l’OPEP diminuerait donc à 29,27 mbj, ce qui laisserait donc encore un excédent de 500 000 bj.

 

Un tanker chargé de pétrole américain a livré 80 000 tonnes de pétrole de Bakken à Odessa le 6 juillet. Jusque-là, l’Ukraine recevait du pétrole d’Azerbaïdjan et du pétrole russe qui a fait l’objet de contamination physique et… politique !

 

Aux abois, le Venezuela en est réduit à vendre son pétrole à des intermédiaires plus que douteux comme la compagnie turque Iveex créée il y a un an avec un capital de 10 000 livres turques (€ 1 500).

 

D’après l’EIA américaine, la consommation américaine de pétrole sera en 2019 de 20,64 mbj et de 20,91 mbj en 2020. La production de pétrole liquide serait en 2019 de 12,36 mbj (10,96 en 2018).

 

En mai et juin, la Corée du Sud n’a pas importé une goutte de pétrole iranien en le remplaçant par des importations des États-Unis et du Kazakhstan en particulier.

 

D’après le FMI, le prix du pétrole permettant d’équilibrer le budget de l’Arabie Saoudite serait de l’ordre de $ 80 à $ 85 le baril. Par contre, Vladimir Poutine estime que pour la Russie un «juste» prix serait aux alentours de $ 65.

 

Le Mexique est en train de préparer son programme de couverture pour ses exportations de pétrole en 2020. Le Mexique achète en général plus d’un milliard de dollars d’options de vente (put) auprès d’une cinquantaine d’institutions financières. Pour 2019, l’exercice est plus compliqué avec la décote probable des pétroles à haute teneur en soufre qui ne pourront plus être utilisés dans le transport maritime. Le Mexique couvre ainsi à peu près la moitié de ses exportations de pétrole.

 

Le gisement de pétrole de Kashagan dans le nord de la Caspienne a pour la première fois dépassé les 400 000 bj de production. Kashagan est opéré par la Compagnie nationale du Kazakhstan et un consortium de compagnies dont Eni, Total, Shell et Exxon.

 

Sur les cinq premiers mois de l’année, l’Australie a représenté 53 % des importations chinoises de GNL (contre 40 % en 2016).

 

En juillet, la production de pétrole de schiste américaine devrait encore augmenter de 70 000 bj à 8,52 mbj d’après l’EIA. La production de gaz naturel augmenterait elle aussi pour le dix-huitième mois consécutif. En août, on sera à 8,55 mbj. Ceci étant, la croissance de la production en 2019 ne serait que de 1,3 mbj contre 1,5 mbj en 2018. Le pic de croissance serait-il passé ?

 

Bank of America – Meryll Lynch a révisé à la baisse ses prévisions moyennes pour le prix du pétrole : $ 63 le baril de Brent pour le deuxième semestre 2019 et $ 60 en 2020. Morgan Stanley a aussi diminué sa prévision de « long terme » de $ 65 à $ 60 le baril de Brent.

 

La prime de risque de guerre demandée par les assureurs pour charger du pétrole dans le golfe arabo-persique est passée de $ 15 000/$ 20 000 par navire à $ 150 000/$ 200 000, soit de 0,04 % à 0,4 % de la valeur du navire. Les taux de fret ont eux aussi augmenté, ce qui fait une hausse totale de 24 % entre Koweït et Singapour par exemple.

 

D’après l’AIE, en 2024, les États-Unis seront le premier exportateur mondial de GNL avec plus de 100 milliards de mètres cubes (bcm). La Chine serait alors le premier importateur mondial elle aussi à plus de 100 bcm. En 2018, la demande mondiale a été de 432 bcm.

 

En juillet, pour la première fois, les prix européens du GNL ont été supérieurs aux prix asiatiques : $ 4.56 le mbtu aux Pays-Bas, $ 4.48 au Royaume-Uni et $ 4.40 en Asie sur le marché spot.