Brèves de marchés

Novembre 2018

 

L’Arabie Saoudite qui avait, depuis juin, augmenté de 1 mbj sa production de pétrole a annoncé qu’elle réduirait en décembre ses exportations de 500 000 bj par rapport à novembre.

 

L’Irak prévoit d’augmenter sa production de pétrole à 5 mbj en 2019 avec des exportations de 3,8 mbj. Le pétrole du Kurdistan irakien pourrait en particulier revenir rapidement sur les marchés (200 000 à 400 000 bj). À terme, l’Irak envisage de produire 8,5 mbj. Quant aux Émirats, ils parlent de 4 mbj fin 2020, de 5 mbj en 2030.

 

Les États-Unis ont finalement accordé des dérogations (waivers) pour des importations de pétrole d’Iran à huit pays pesant 90 % des exportations iraniennes : Chine, Japon, Corée, Inde, Turquie, Grèce, Italie, Taiwan. Ceci serait valable pour six mois. Il est encore difficile d’expliquer ce revirement de l’administration américaine. Au même moment, l’EIA a encore réévalué ses estimations de production américaine et estime maintenant que le seuil des 12 mbj serait atteint au deuxième semestre 2019. En octobre, la Chine a importé un record de 9,61 mbj, dont 654 000 bj d’Iran (458 000 bj en septembre).

 

D’après l’USDA, les stocks de clôture de céréales de la Chine atteindraient des niveaux inédits : 207,5 mt de maïs, 143,6 mt de blé. Mais sans la Chine – qui est « hors marché » –, les stocks de clôture mondiaux seront au plus bas !

 

En septembre, le Vénézuéla n’a produit que 1,2 mbj de pétrole et certains analystes pensent que la production pourrait tomber à 700 000 bj en fin 2019.

 

La hausse de 40 % des prix de l’uranium depuis avril 2018 doit être relativisée. Les prix sont quand même au plus haut depuis 2016 grâce à des fermetures de mines.

 

L’Iran a fortement augmenté ses importations de soja… américain ! 335 000 tonnes depuis septembre et avant l’embargo du 5 novembre !

 

Katanga Mining, la filiale congolaise de Glencore, a suspendu ses exportations de cobalt au moins pour six mois du fait d’une teneur trop élevée en uranium.

 

Les principaux traders de pétrole ont des visions très différentes des prix en 2019. Là où Trafigura évoque les $ 100 le baril, Glencore $ 85/$ 90, Gunvor est à $ 70/$ 75 et Vitol table sur $ 65. Plus de $ 30 d’écart !

 

Le marché du charbon vapeur se concentre sur les qualités les plus caloriques : alors que le charbon australien (6322 kcal/kg) était début octobre à $ 112.25 la tonne fob, le charbon indonésien (4200 kcal/kg) ne se traitait qu’à $ 35,88, un différentiel record de $ 73.37.

 

D’après l’EIA américaine, la production de pétrole des États-Unis aura augmenté de 1,39 mbj en 2018 à 10,74 mbj en moyenne. Au troisième trimestre, la moyenne aurait pour la première fois dépassé les 11 mbj à 11,03 mbj et en août la production a été un nouveau record à 11,34 mbj. En 2019, l’augmentation serait de 1,02 mbj pour atteindre 11,76 mbj. Ceci étant, la consommation américaine est de 20,41 mbj (+ 450 000 bj), de 20,64 mbj prévu en 2019. En novembre, la seule production de « Shale oil » devrait atteindre le niveau record de 7,71 mbj alors qu’un nouvel oléoduc devrait entrer en service.

 

Sur la première semaine d’octobre, les exportations iraniennes de pétrole sont tombées à 1,1 mbj (2,8 en mars, 2,5 en avril). Certains pays, comme l’Inde et la Corée du Sud (qui n’a pas importé une goutte de brut iranien en septembre) ont demandé à Washington des exemptions (waiver). Le raffineur indien Reliance a cessé toutes importations de l’Iran. L’Iran dit continuer à produire 3,8 mbj, l’estimation de l’OPEP pour août étant de 3,58 mbj. Ceci étant, il n’est pas impossible que du pétrole iranien passe par l’Irak… (qui a décidé de cesser ses exportations par camion vers l’Iran).

 

D’après Worldsteel, la demande mondiale d’acier augmenterait de 1,4 % en 2019 et passerait de 1658 à 1681 mt.

 

On dit que l’Égypte étudierait des stratégies de « hedging » pour ses achats de blé (premier importateur mondial).

 

Sur le dernier trimestre de 2018, la Chine ne devrait importer que 18mt de soja pour l’essentiel du Brésil et d’Argentine contre 24,1 mt en 2017. Quant aux importations chinoises de pétrole et de GNL en provenance des États-Unis, elles sont pratiquement à l’arrêt.

 

La banque de Kunlun, filiale du géant pétrolier chinois CNPC, qui assurait le gros des transferts financiers entre la Chine et l’Iran a décidé de ne plus honorer les paiements iraniens en yuans (et en euros). La Chine achète pour $ 1,5 milliard de pétrole à l’Iran et jusqu’à présent tout passe par la Kunlun Bank. La banque avait déjà fait l’objet de sanctions américaines en 2012. Il semblerait par ailleurs que Sinopec et CNPC ont refusé toutes cargaisons de brut iranien sur novembre. En moyenne pour les neuf premiers mois de 2018, la Chine a importé 650 000 bj de pétrole iranien.

 

Le prix du palladium continue à grimper et se rapproche de la parité avec l’or.

 

L’ILZSG estime le déficit du marché mondial du zinc en 2018 à 322 000 tonnes (contre une prévision de 263 000 tonnes en avril). La production minière chinoise devrait notamment diminuer de 2,5 %. Pour 2019, l’ILZSG anticipe un léger déficit de 72 000 tonnes.

 

Dans la campagne présidentielle brésilienne, Jair Bolsonaro a beaucoup parlé du niobium (dont le Brésil réalise 85 % de la production mondiale) qu’il veut tenir à l’écart des appétits chinois.

 

Vitol est franchement baissier sur le marché du pétrole en n’anticipant une augmentation de la consommation mondiale de seulement 1,3 mbj en 2018 comme en 2019.

 

Glencore annonce un coût de production dans ses mines de charbon de $ 52 la tonne en 2018 et de $ 49 en 2019. En 2019, Glencore produirait 145 mt de charbon.

 

Un sondage réalisé lors du dîner annuel de la LBMA (London Bullion Market Association) donne un prix de l’or en octobre 2019 de $ 1532 l’once et pour l’argent de $ 15. Le platine serait à $ 1010 et le palladium à $ 1195. Un sondage de Reuter donnait des prix moyens en 2019 de $ 1300 pour l’or, $ 14,40 pour l’argent, $ 875 pour le platine et $ 1025 pour le palladium.

 

Pour compliquer un peu plus la situation pétrolière, les relations entre le Koweït et l’Arabie Saoudite se sont durcies. Le Koweït n’a pas adhéré à l’embargo sur le Qatar et a signé un accord de défense avec la Turquie. Ceci bloque la reprise de la production dans la « zone neutre » que partagent le Koweït et l’Arabie Saoudite : depuis trois ans, une production potentielle de 500 000 bj est gelée. Ceci est important sachant qu’entre mai et septembre, l’OPEP n’a augmenté sa production que de 428 000 bj (hors Nigeria et Libye).

 

En octobre 2018, l’OPEP a poussé sa production de pétrole au plus haut depuis décembre 2016 à 33,31 mbj (calculs de Reuter), soit 390 000 bj de plus qu’en septembre, dont 200 000 bj en provenance des EAV.

 

Quoique le prix du plomb ait diminué de 23 % depuis le début de l’année, le marché devrait être déficitaire en 2018 de 123 000 tonnes. D’après Wood Mackenzie, la production a diminué de 450 000 tonnes, pour moitié en Chine. Et les stocks au LME sont au plus bas depuis 2009.

 

D’après un sondage réalisé auprès d’une trentaine d’analystes par Reuter, le prix moyen du cuivre serait de $ 6699 la tonne en 2019 avec un déficit qui ne serait plus que de 44 000 tonnes. Le zinc serait à $ 2732, le nickel à $ 14 200, l’aluminium à $ 2175 avec un marché en déficit de 527 500 tonnes.

 

D’après WBMS, le marché du nickel a été en déficit de 56 300 tonnes sur les huit premiers mois de l’année. Mais il y a 235 000 tonnes de métal dans les stocks des bourses.

 

Au premier semestre 2018, la Chine a été de loin le premier consommateur mondial de ferrailles (+105 % à 127 mt) et la Turquie le premier importateur (+15 % à 10,7 mt).