Brèves de marchés

Octobre 2019

 

Parmi les métaux précieux, alors que l’or se tassait un peu en dessous de $ 1 500 l’once, le palladium a battu de nouveaux records (en hausse de 33 % sur neuf mois) à $ 1 700 l’once tandis que le platine continue sa chute à moins de $ 900 l’once.

 

Forte chute des prix du ferro-vanadium. Il y a un an, sur l’espérance d’une forte demande du marché chinois avec l’introduction de nouvelles normes pour la sidérurgie, le ferro-vanadium était monté à $ 130 kg. Début octobre, les prix se situaient entre $ 27 kg en Europe et $ 37 kg à l’exportation en Chine.

 

En août, les États-Unis ont expédié 56 000 tonnes de viande porcine vers la Chine. Sur les huit premiers mois de l’année, ceci donne 294 000 tonnes en hausse de 34 % par rapport à l’ensemble de l’année 2018 et cela malgré les tarifs douaniers chinois.

 

Le vice-premier ministre russe, Alexei Gordeyev, ancien ministre de l’Agriculture, a relancé l’idée d’une « OPEP des céréales » afin de mieux coordonner le marché mondial.

 

Le palladium dont le prix ne cesse de battre de nouveaux records, devrait voir son marché en déficit pour la huitième année consécutive : 617 000 onces d’après Metals Focus sur un marché de l’ordre de 10 millions d’onces avec des stocks qui ne seraient plus que de 13 millions d’onces. Certains parlent à court terme de $ 2 000 l’once, mais l’horizon 2023 avec les évolutions de l’industrie automobile les prévisions se situent dans une fourchette de $ 1000 à $ 1200 l’once.

 

En 2018, le Ghana a dépassé l’Afrique du Sud comme premier producteur africain d’or avec 4,8 millions d’onces contre 4,2. Cela illustre la chute de l’Afrique du Sud dont 71 % des mines – les plus profondes au monde – ne seraient plus rentables. Le Ghana est bien redevenu la « Côte de l’or ».

 

Tous les marchés ne sont pas déprimés ! D’après Artprice, le marché de l’art contemporain a bondi de 1800 % en 19 ans de $ 103 millions à $ 1,9 milliard en 2019. L’indice des prix a progressé de 22 %.

 

Rio Tinto va fermer la mine de diamants d’Argyle en Australie, la plus importante du monde qui produisait 10 % de la production mondiale. Argyle produisait 90 % des diamants roses de la planète.

 

L’Iran a décidé de mettre en place une taxe à l’exportation de 25 % sur le minerai de fer afin de protéger sa demande intérieure. En 2018, l’Iran avait exporté 17 mt de minerai, acheté à 90 % par la Chine.

 

Malgré la baisse des prix du sucre, la production brésilienne devrait augmenter de 9,5 % en 2019/2020 à 31,78 mt d’après la CONAB. La production d’éthanol diminuerait par contre de 6 %.

 

La Chine fait de gros efforts vis-à-vis des États-Unis et début octobre, au moment où ont repris les négociations commerciales, elle avait acheté 20 mt de graines de soja, dont 6 mt dans les derniers jours grâce à des dérogations sur les droits de douane accordées par les autorités chinoises à hauteur de 5 à 6 mt. Elle a aussi acheté 130 000 tonnes de « white wheat », le plus gros achat depuis 2016.

 

Dans la foulée de la chute des prix du minerai de fer, les ferrailles ont perdu 22 % de leur valeur depuis le début juillet à $ 230 la tonne cf Turquie, au plus bas depuis janvier 2017.

 

Sur les huit premiers mois de 2019, la production mondiale d’aluminium a diminué de 0,6 % à 42,5 mt. La production chinoise a diminué de 0,75 %. Mais la demande est aussi en recul : de 1,1 % en 2019, d’après CRU en dehors de la Chine. La demande chinoise ne progresserait que de 1,6 %.

 

D’après l’INSG, le marché du nickel a été déficitaire de 45 000 tonnes au semestre, et ceci avant même la décision de l’embargo indonésien sur les exportations de minerai.

 

Assez nette remontée des prix du cobalt qui depuis la fin juillet s’est apprécié de 48 % à $ 17,4 par lb. C’est plus la conséquence de la fermeture de mines que de la demande qui continue à baisser en Chine. Par contre, le prix du lithium continue à baisser.

 

La récolte européenne de colza devrait tomber en 2019 au plus bas depuis treize ans à moins de 17 mt avec une baisse de 20 % des surfaces. Cela entraînerait des importations record de 5,5 mt.

 

D’après l’INSG, le marché du nickel a été déficitaire de 45 000 tonnes au semestre, et ceci avant même la décision de l’embargo indonésien sur les exportations de minerai.

 

L’USDA anticipe une forte baisse de la production américaine de soja qui passerait pour la première fois depuis cinq ans sous la barre des 100 mt : 98,1 mt contre 123,7 mt en 2018/2019. ceci est dû à la baisse des prix, les incertitudes chinoises et les pluies du printemps au moment des semailles.

 

L’heure est à la sécheresse dans l’hémisphère sud : en Argentine, 20 % des terres seraient touchées et la production de blé ne serait que de 17mt. La situation est pire en Australie où le gouvernement a dégagé $ 68 millions d’aides aux agriculteurs. Au Brésil, la sécheresse a retardé de plusieurs semaines les semailles, ce qui va limiter la « Safrinha », le maïs qui est immédiatement semé après la récolte du soja.

 

En août, la production mondiale d’acier a augmenté de 3,4 % à 156 mt. La production chinoise a augmenté de 9,3 % à 87,2 mt, celle de l’Inde de 1,5 % à 9,2 mt. La production de l’UE 28 a diminué de 2,2 % à 11,45 mt.

 

L’Iran a des problèmes de paiement pour ses importations de céréales : une vingtaine de navires (soit 1 mt) seraient au large des ports iraniens, les affréteurs (Binge, COFCO…) attendant confirmation des règlements rendus plus difficiles par les sanctions américaines (qui sont censées ne pas s’appliquer aux produits alimentaires).

 

D’après Analyst Green Pool, le marché mondial du sucre serait déficitaire de 5,17 mt en 2019/2020. L’analyste australien table sur une baisse en Europe et en Inde.

 

D’après l’ICO, le marché mondial du café a été excédentaire de 4,08 millions de sacs en 2018/2019 pour la deuxième année consécutive (au total un excédent de 5,48 m sacs). Les exportations ont atteint le niveau record de 120,3 m sacs sur onze mois.

 

La Chine a autorisé l’importation de tourteaux de soja en provenance d’Argentine. Jusque-là, la Chine n’importait que des graines afin de protéger son industrie de la trituration.

 

Citigroup avance un prix de $ 2 000 l’once pour l’or dans les deux ans.

 

Forte rechute des prix du sucre, à peine au-dessus de 10 cents/lb à New York. Pour les producteurs brésiliens, il devient plus intéressant de racheter leurs positions (washout) et de produire de l’éthanol. Ceci explique que le Brésil devrait diminuer ses exportations de sucre en 2019/2020 à 18,5 mt d’après le consultant JOB Economica.

 

En août, les importations chinoises de porc ont augmenté en valeur de 150 % par rapport à août 2018 (et de 76 % en tonnage à 168 000 tonnes). Sur les huit premiers mois de l’année, la hausse en valeur est de 66 %. Les ventes espagnoles ont par exemple augmenté de 90 %. Pour préparer les célébrations du 1er octobre, 30 000 tonnes de viande de porc congelée ont été relâchées des stocks publics chinois.

 

La Côte d’Ivoire et le Ghana appliquent désormais à leurs ventes de cacao une « prime de niveau de vie » (living income differential) de $ 400 la tonne. Cémoi a confirmé avoir payé cette prime qui auraient aussi payé Barry Callebault, Olam et Sucden. pour l’instant, 20 000 à 25 000 tonnes de la campagne 2020/2021 auraient été vendues avec la prime. La prime est utilisée pour garantir aux planteurs 70 % d’un prix d’objectif de $ 2 600 la tonne (le marché est à $ 2 400/2 500). Par ailleurs, la Côte d’Ivoire a décidé de limiter sa production à 2 mt sans préciser exactement comment. le prix de campagne a été fixé à 825 F.CFA le kg (750 la saison précédente) et au Ghana à 8 240 cedis ($ 1528 la tonne) contre 7 600 cedis.

 

De nombreux producteurs de cuivre perdent de l’argent aux prix actuels ($ 5 500/5 800 la tonne). Les 10 % des producteurs aux coûts de revient les plus élevés seraient d’après Citigroup à $ 6 000 la tonne et Refinitiv estime les coûts variables moyens à $ 5 100 la tonne. Il faut aussi tenir compte de la baisse des prix des sous-produits de la mine du cuivre comme le cobalt et le zinc.

 

Sur les dix derniers mois, la Chine a ajouté près de 100 tonnes d’or à ses réserves et la PBoC détient désormais 62,64 millions d’onces.

 

Lancement du programme de couverture des ventes de pétrole du Mexique pour 2020. Le programme coûte $ 1 md. Pour 2019, le prix de référence du programme était de $ 55 le baril et l’achat d’options de vente (put) avait coûté $ 1,23 milliard.

 

L’OPEP a encore diminué sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2020 à 1,08 mbj, ce qui ferait une demande faite à l’OPEP de 29,4 mbj à comparer à une production en août 2019 de 29,74 mbj, ce qui laisserait un excédent théorique de 340 000 bj en 2020. La plupart des analystes (Wood Mac, EIA…) estiment qu’en 2019, la croissance de la demande aura été inférieure à 1 mbj. L’AIE reste à 1,1 mbj pour 2019 et 1,3 mbj pour 2020. Mais avec une augmentation de la production NOPEP de 2,3 mbj, la demande faite à l’OPEP au 1er semestre 2020 ne serait que de 28,3 mbj.

 

Les Pays-Bas vont arrêter la production de gaz naturel de Groningue dès 2022 avec huit ans d’avance sur le calendrier initial du fait des secousses sismiques. Groningue a représenté un cinquième de la production européenne et est à l’origine de la célèbre « Dutch disease ».

 

L’Irak et le Nigeria se sont engagés à réduire leur production de pétrole à partir d’octobre : 175 000 bj pour l’Irak qui était à 4,8 mbj (quota de 4,5) et le Nigeria à 1,84 mbj (1,68). Quant à l’Iran, ses exportations en août n’auraient été que de 200 000 bj.

 

L’attaque de drones yéménites sur des installations d’Aramco le 14 septembre aurait obligé à la fermeture de 5,7 mbj de pétrole de capacités de production. Mais, le Royaume saoudien détenait en juin 188 millions de barils de stocks. De quoi laisser du temps pour réparer. Des réparations qui seraient réalisées pour la fin septembre.

 

Aux États-Unis, Donald Trump est confronté à un difficile arbitrage entre « Big Oil » (le lobby des pétroliers) et « Big Corn » (le lobby des céréaliers) à propos du mécanisme complexe qui régit l’incorporation de bioéthanol dans l’essence. En 2020, il y aurait une augmentation de 10 % des quotas de bioéthanol.

 

Avec l’attaque sur les installations saoudiennes, la production de pétrole de l’OPEP est tombée en septembre à 28,9 mbj, au plus bas depuis 2011 et en baisse de 750 000 bj par rapport à août.

 

Les investissements dans le GNL ont représenté $ 50 milliards en 2019.

 

La mise en place de sanctions par les autorités américaines sur deux filiales de l’armateur chinois COSCO, qui gèrent plus de cinquante supertankers, a provoqué une flambée des taux de fret pétroliers et gaziers. On note des hausses de 50 % pour les Aframax et Svezmax et de 10 % pour les méthaniers. Un VLCC entre le golfe du Mexique et la Chine est passé de $ 6,2 millions à $ 9,8 millions. La hausse se poursuivait à la mi-octobre autour de $ 12 millions.

 

L’Équateur (545 000 bj de pétrole) quittera l’OPEP en janvier 2020. Il passerait à 590 000 bj en 2020.

 

D’après les calculs de Bloomberg se fondant sur les données de l’EIA, aux alentours de la Toussaint, les États-Unis devraient connaître une véritable révolution et devenir, pour la première fois depuis la guerre exportateurs nets de pétrole et fiouls liquides. En 2018, les importations nettes étaient encore de 1 mbj. En 2020, on aurait des exportations nettes de 1,5 mbj. Pour le gaz naturel, l’augmentation de production est sur une tendance de 24 % par an, la plus forte depuis 1973.

 

Le marché du GNL ne présente pas son habituel pic hivernal. Le contrat du CME sur la base du JKM de Platts cote $5.71 le mbtu sur novembre, $ 7.02 au plus haut sur février et $ 5.99 sur mai.

 

Les fonds se retirent du marché du pétrole. Début octobre, leur position longue était revenue au niveau du début août et durant la première semaine d’octobre, leurs sorties ont été les plus importantes depuis deux ans.

 

D’après l’EIA, la production américaine de pétrole atteindrait en moyenne en 2019, le niveau record de 12,26 mbj (+1,27 mbj). En 2020, elle serait de 13,17 mbj (+ 910 000 bj). La demande américaine aurait été presque stable en 2019 à 20,54 mbj de pétrole et fiouls liquides.