Brèves de marchés

Seprembre 2019

 

D’après le consultant FC Stone, les importations chinoises de viande porcine devraient doubler en deux ans de 2,1 mt en 2018 à 3,3 mt en 2019 et 4,2 mt en 2020. La production chinoise passerait de 54 mt en 2018 à 34 mt en 2019. Les taxes chinoises sur le porc américain augmenteront encore au 1er septembre pour atteindre 72 %. La demande chinoise pour l’alimentation animale baisserait de 37 mt dont 23 mt de maïs et 10 mt de tourteaux de soja. Les prix de porc en Chine ont augmenté de plus de 25 % entre juillet et août et cette hausse pourrait ternir les fêtes du soixante-dixième anniversaire de la République populaire, le 1er octobre !

 

D’après l’ICSG, le déficit mondial de cuivre sur les cinq premiers mois de 2019 a augmenté de 45 % à 190 000 tonnes. La production primaire a diminué de 1,3 % à 8,07 mt. La production secondaire a augmenté de 1 % à 1,7 mt. la consommation a légèrement diminué de 0,3 % à 9,9 mt. la demande apparente de la Chine a diminué de 12 %.

 

L’IGC chiffre la récolte mondiale de céréales en 2019/2020 au niveau record de 2159 mt et les échanges mondiaux à 370 mt.

 

L’Inde a décidé de subventions à hauteur de $ 876 millions pour aider à l’exportation de 6 mt de sucre sur la campagne 2019/2020. La subvention serait de $ 146 la tonne. L’Australie, le Brésil et le Guatemala ont réclamé la mise en place d’un panel de l’OMC dans le cadre de l’ORD.

 

L’Indonésie a décidé d’avancer à fin décembre son embargo sur les exportations de minerai de nickel affectant ainsi 9 % de la production minière mondiale. Ceci étant, l’Indonésie augmentera sa production de fonte de nickel (NPI) de 261 000 tonnes en 2018 à potentiellement 530 000 tonnes en 2020. Goldman Sachs avance une prévision de $ 20 000 la tonne pour la fin de l’année.

 

Sur les sept premiers « sights » (ventes) de 2019 jusqu’en août, le chiffre des ventes de diamants bruts de De Beers a diminué de 26 % à $ 2,9 milliards. Le marché est en surproduction et souffre de la concurrence des nouveaux diamants synthétiques.

 

Avec la baisse des prix du cobalt, Glencore a décidé sa mine de Mutanda en RDC, la plus importante au monde.

 

Dans un geste de « bonne volonté », l’Arabie Saoudite a décidé de limiter ses restrictions à l’importation de blé en provenance de Russie qui jusque là ne pouvait pénétrer le marché saoudien du fait d’un niveau trop élevé de contamination.

 

L’Indonésie pourrait interdire l’exportation de minerai de nickel à partir de 2022. Ceci a provoqué une véritable flambée du nickel, au-delà de $ 16 000 la tonne au LME, de $ 17 000 à Shanghaï.

 

Sur le premier semestre 2019, les importations chinoises de cuivre raffiné ont diminué de 16 %. Par contre, les importations de concentrés de cuivre ont augmenté de 10 % et celles de déchets ont encore diminué de 25 %. Pour le nickel raffiné, la baisse est de 18 % alors que les importations de « ferro-nickel » en provenance d’Indonésie (en réalité de la fonte de nickel).

 

Pour 2019/2020, l’ICAC anticipe un excédent mondial de coton de 500 000 tonnes. La Chine resterait le premier producteur mondial (5,9 mt) devant l’Inde (5,75 mt). La zone CFA battrait un record historique à 1,3 mt.

 

La demande mondiale d’or a augmenté de 8 % au premier semestre grâce aux achats des banques centrales et aux ETF. La demande a été de 2182 tonnes, dont 374 tonnes pour les banques centrales et 107 tonnes pour les ETF. La « production » d’or (mine et recyclage) a été de 2324 tonnes.

 

La production mondiale d’acier a augmenté de 4,6 % au premier semestre à 925 mt essentiellement grâce à l’Asie et notamment à la Chine.

 

D’après un sondage de Reuters, le prix moyen du cuivre au quatrième trimestre sera de $ 3291 la tonne (avec un déficit de 178 000 tonnes), celui du nickel de $ 12 738 (avec un déficit de 19 500 tonnes), celui de l’aluminium de $ 1 850 (déficit de 550 000 tonnes) et pour le zinc de $ 2 645 (déficit de 75 000 tonnes).

 

Les importations chinoises de « commodités » restent l’une des cartes majeures de la Chine dans son conflit avec les États-Unis : en année normale, $ 20 milliards de produits agricoles, $ 7,5 milliards (aux prix actuels pour 350 000 bj de pétrole américain), $ 1 milliard de GNL et $ 1 milliard de charbon, et donc un total de l’ordre de $ 30 milliards.

 

Le numéro un chinois du BTP, CCCC, est en train de négocier un contrat pour draguer la rivière Parana en Argentine. 80 % des grains argentins passent par le Parana. Le projet chinois permettrait à des navires plus importants de remonter jusqu’à Rosario.

 

Forte baisse des importations d’or de la Chine au premier semestre : 575 tonnes en 2019, contre 883 tonnes en 2018. La diminution sensible en mai et juin (57 tonnes en juin contre 199 tonnes en juin 2018) serait liée à des restrictions sur les quotas d’importation imposées par la Banque populaire de Chine. Ces quotas auraient été levés en août, mais on estime un « manque à importer » de 300 à 500 tonnes.

 

Alors que les autorités du Ghana ont décidé d’augmenter le prix du cacao au planteur de 5,2 % pour la prochaine campagne, les prévisions de l’EIU pour 2019 sont de $ 2323 la tonne en 2019, de $ 2248 en 2020 ; le prix plancher annoncé par la Côte d’Ivoire et le Ghana a été fixé à $ 2500. Puis les deux pays ont décidé d’une prime de $ 400 la tonne sur le prix du marché à terme à compter de la campagne 2020/2021.

 

Est-ce un signe précurseur d’une crise ? Le marché de l’étain est au plus bas depuis trois ans à moins de $ 10 000 la tonne. La principale raison en est la baisse de la demande de l’industrie des semi-conducteurs qui souffre du climat de guerre commerciale. L’étain utilisé dans les soudures électroniques représente 47 % des utilisations (14 % pour le fer-blanc). Les ventes de semi-conducteurs ont diminué de 14,5 % au premier semestre.

 

Recul aussi du prix du minerai de fer. Après son pic de $ 122.20 le 3 juillet, la tonne vendue Chine était tombée fin août à $ 83, retrouvant des niveaux comparables à ceux qui précédaient la catastrophe brésilienne ($ 75 en janvier). La raison en est moins liée aux fondamentaux qu’au « sentiment » du marché quant à d’éventuelles récessions.

 

Hausse de 62 % des importations de porc en Chine à 160 000 tonnes. Pour le premier semestre, les importations s’élèvent à 818 000 tonnes (+ 26 %). À 24,7 mt, la production chinoise n’est en recul que de 5 %.

 

Au second trimestre 2019, la production de minerai de fer de Vale au Brésil a diminué de 34 % à 64 mt.

 

Le montant de l’aide consentie au monde agricole par le gouvernement américain serait de $ 16 par acre ($ 40 à l’hectare) d’après le secrétaire à l’Agriculture. Le paquet global sera de $ 16 milliards après $ 12 milliards en 2018.

 

Fin juillet 2019, une enquête menée par Reuter auprès d’analystes et de traders donnait une prévision de prix du sucre en fin d’année de 13,80 cents/lb avec un déficit mondial en 2019/2020 de 2,95 mt sur la base d’une baisse de la production de l’Inde passant de 33 à 28,5 mt.

 

D’après Alcoa, le déficit mondial d’aluminium ne serait plus que 1 à 1,4 mt en 2019.

 

Les États-Unis ne dominent plus le marché mondial du maïs : sur 2018/2019 leurs exportations dépasseront difficilement les 53 mt alors que Brésil, Argentine et Ukraine devraient combinés atteindre près de 100 mt.

 

Forte baisse des prix du thé. Pour la première fois depuis 2014, aux enchères de Mombasa (Kenya), ils sont passés en dessous de $ 2 le kg à $ 1.80. En 2018, le prix moyen avait été de $ 2.58 pour un coût de production estimé à $ 2. la production mondiale estimée à 5,88 mt dépasse la consommation (5,61 mt).

 

Avec la baisse des prix du sucre, les producteurs brésiliens utilisent de moins en moins les contrats à terme pour fixer leurs prix. Sur la saison actuelle, 58 % seulement des exportations anticipées ont été couvertes sur le contrat de New York. En 2018, 68 % avaient été couverts. De toute manière, au Brésil, la part du sucre dans la trituration de la canne devrait tomber à 34,7 %.

 

Le marché du plomb a été déficitaire de 65 000 tonnes au premier semestre d’après l’ILZSG. Celui du zinc a été en déficit de 134 000 tonnes ce qui n’a pas empêché la poursuite de la baisse des prix.

 

La récolte australienne de blé pourrait tomber en dessous de 19 mt du fait de la sécheresse persistante. L’Australie avait produit 35 mt en 2016/2017. Ceci fait, les affaires de la Mer noire qui chasse désormais sur les marchés asiatiques. À qualité égale, la tonne de blé australien délivrée ports asiatiques est à $ 250 contre $ 225 pour du blé russe ou ukrainien.

 

En juillet, la production mondiale d’acier a augmenté de 1,7 % à 156,7 mt. Mais la Chine a vu sa production augmenter encore de 5 % à 85,3 mt.

 

Un chiffre déjà ancien (2017), mais la production mondiale de cocaïne a probablement dépassé les 2 000 tonnes.

 

Rosneft qui produit 40 % du pétrole russe a décidé que toutes ses exportations de produits pétroliers seraient désormais facturées en euros. Rosneft vend la moitié de sa production de produits raffinés par adjudication. Par ailleurs, Rosneft est devenu le principal acheteur et distributeur de pétrole du Venezuela avec deux tiers des enlèvements en août. Resneft vend directement en Inde et en Chine alors que les traders comme Trafigura et Vitol se sont retirés de ce marché par crainte des sanctions américaines. Ces transactions sont gérées par Rosneft-Genève.

 

La consommation de charbon de la Chine devrait atteindre un pic en 2025 d’après une étude officielle chinoise (CNPC). En 2035, le charbon ne représenterait plus plus que 40,5 % de l’énergie consommée contre 58 % en 2018 (et 68,5 % en 2012).

 

L’AIE a révisé à la baisse sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole à 1,1 mbj en 2019 en particulier à cause de la Chine ; de janvier à mai, la demande mondiale a augmenté de seulement 520 000 bj, le plus bas depuis 2008. En août, l’OPEP a publié le même chiffre (1,1 mbj).

 

La géographie pétrolière est parfois déroutante : avec sa capacité de raffinage en forte croissance, la Chine exporte désormais de l’essence vers le Mexique et le Nigeria.

 

En juin, les États-Unis ont exporté un record de 3,16 mbj de pétrole notamment grâce à des achats de la Corée du Sud. Ce même mois, la production de l’OPEP a été au plus bas depuis huit mois à 29,42 mbj. En juillet, l’Arabie Saoudite n’a pompé que 9,65 mbj alors que son quota est de 10,31 mbj.

 

Découverte d’un gisement de pétrole dans le delta de la cuvette du Congo par deux sociétés congolaises contrôlées par un proche du président Sassou Nguesso. Celui-ci aurait fait ses armes dans le négoce à Genève et qui a fait fortune en contrôlant le marché congolais des produits raffinés.

 

En juillet, les exportations de pétrole de l’Iran seraient tombées à 100 000 bj. La capacité maximale d’exportation de l’Iran est estimée entre 225 000 et 350 000 bj. L’Iran aurait 56 millions de barils en stockage flottant et au moins autant à terme. Par contre, l’Iran continue d’exporter des produits pétroliers et du gaz de pétrole (LPG) à hauteur de 400 000 bj soit $ 500 millions par mois.

 

En septembre, d’après l’EIA, la production de shale oil aux Etats-Unis devrait battre un nouveau record à 8,77 mbj de pétrole brut dont 4,42 mbj pour le Permian et 1,44 mbj dans le Bakken.

 

Légère remontée à la mi-août des prix du GNL à $ 5 le mbtu en Asie (il y a un an, on était quand même à $ 11). Ceci étant, il s’agit du marché spot et le gros du marché reste sur la base de contrats. Sur les sept premiers mois de l’année, le cent moyen d’importation de la Corée du Sud a été de $ 10.22 et en juin, le Japon a payé $ 9.14. La plupart de ces contrats sont indexés sur le prix du pétrole.

 

Le Kenya a pour la première fois exporté du pétrole (250 000 barils) acheté par le trader Chem-China UK.

 

Au 1er septembre, la Chine a imposé une taxe de 5 % sur le pétrole américain. cependant, certains importateurs comme Sinopec ont demandé des exemptions (waivers)

 

Morgan-Stanley vient de ramener sa prévision pour le prix moyen du baril de pétrole de Brent à $ 60 pour 2019 (c’est-à-dire la prévision de CyclOpe faite… en janvier 2019 !). Un sondage réalisé par Reuters auprès de 51 analystes donne un prix moyen de $ 65 en 2019, en baisse de $ 2,50 par rapport à juillet.

 

En août, l’OPEP a produit 29,61 mbj de pétrole, en hausse de 80 000 bj sur juillet grâce à l’Irak et au Nigéria. La Russie de son côté aurait produit 11,29 mbj, au plus haut depuis le mois de mars et au-delà des engagements qui auraient été pris en juillet (11,17 mbj).