Brèves de marchés

Avril 2020

 

L’USDA estime que les stocks mondiaux de fin de campagne 2019/2020 de soja seront de 102,44 mt à comparer à une estimation précédente de 98,86 mt. Ceci est fondé sur une production de 126 mt au Brésil, de 54 mt en Argentine.

 

Le Venezuela aurait encore vendu 6 tonnes d’or (ce qui représente $ 350 millions). Il ne resterait plus que 90 tonnes dans les réserves de la banque centrale.

 

Le Venezuela aurait encore vendu 6 tonnes d’or (ce qui représente $ 350 millions). Il ne resterait plus que 90 tonnes dans les réserves de la banque centrale.

 

La production chinoise d’acier a augmenté de 3,1 % sur janvier-février, en pleine épidémie de coronavirus, à 154,7 mt avec une moyenne journalière de 2,58 mt (2,72 mt en décembre et 2,54 mt en janvier-février 2019). Ceci étant 2020 est une année bissextile !

 

Le gouvernement malaisien a décidé d’arrêter pour deux semaines le travail dans les plantations de palmier à huile. Ceci représenterait une baisse de production de 350 000 à 700 000 tonnes en mars.

 

La production d’aluminium en Chine a encore augmenté de 2,4 % sur les deux premiers mois de 2020. Mais, il semble que les stocks y aient considérablement augmenté avec la baisse des exportations de demi-produits (– 23 %).

 

Les platinoïdes sont des victimes particulièrement spectaculaires de la crise. À la mi-mars, le platine était au plus bas depuis 2002 ($ 588 l’once) et le palladium avait dégringolé d’un record de $ 2 875 l’once à $ 1 500. Ceci est lié à l’arrêt des usines automobiles et au recul du marché ; le marché a par la suite rebondi à l’annonce du « lockdown » de l’Afrique du Sud.

 

Le coronavirus n’a pas que des conséquences sur les rayons de supermarchés. Fin mars, on notait des achats de précaution de grands importateurs de blé et de riz, inquiets d’éventuels problèmes logistiques et du risque de ne pas être livrés.

 

Sur janvier et février, la Chine a importé 560 000 tonnes de viande de porc, une hausse de 158 % par rapport à 2019. En décembre, la Chine avait importé 270 000 tonnes.

 

Au premier trimestre 2020, le prix spot de l’uranium a augmenté de 11 % passant de $ 24,63 la livre d’U3O8 en janvier à $ 27,35 en mars.

 

Avec le coronavirus, les exportations de viande bovine d’Argentine se sont effondrées. La Chine qui importe normalement 50 000 tonnes par mois n’en a fait que 15 % en mars.

 

Le Conseil international des Grains anticipe pour 2020-2021 une récolte mondiale de céréales record à 2,22 milliards de tonnes (+ 2 %) et une consommation de 2,23 mt. La production de maïs serait de 1,16 mt (1,12), celle de blé de 763 mt. La production de soja s’élèverait à 366 mt (341) et celle de riz à 509 mt (499).

 

D’après une étude, l’ICO publiée début avril, une baisse de 1 % du PIB global des 20 pays les plus consommateurs de café se traduit par une baisse de la consommation de 0,95 %, soit 1,6 million de sacs.

 

Le coronavirus empêchera que se tienne Art Basel. Mais, la foire de l’art contemporain suisse a publié avec UBS son étude annuelle sur le marché mondial de l’art : en 2009, celui-ci se serait replié de 5 % à $ 64,1 milliards : 10 % de baisse en Chine, 5 % aux États-Unis, 9 % au Royaume-Uni, mais… 7 % de hausse en France. D’après Artprice, le produit mondial des ventes de « fine art » est en recul de 38 % au premier trimestre 2020.

 

Le rhodium reste – et de loin – le métal le plus cher au monde (€ 365 000 le kg). Il a connu une hausse identique à celle du palladium pour les mêmes raisons… automobiles.

 

En avril, l’activité de raffinage de pétrole devrait augmenter en Chine de 10 % (750 000 bj) par rapport à mars.

 

La capacité de résistance des majors russes du pétrole est liée certes à la dévaluation du rouble et au fait qu’à cause des sanctions, les compagnies ont l’essentiel de leurs coûts en roubles et non en dollars, mais aussi à un système fiscal exonérant les entreprises de tous impôts et royalties en dessous de $ 15 le baril d’Oural (qui cote $ 5 de moins que le Brent en moyenne). À $ 25 le baril, les entreprises dégagent un bénéfice.

 

L’impact sur la production américaine de pétrole de schiste se fera sentir en 2021. Chaque année pour maintenir la production, il faut forer au moins 10 000 puits. Pour 2020, 14 000 forages étaient prévus pour un investissement de $ 100 milliards. Avec la crise et l’effondrement des prix, on ne parle plus que de 5 000 puits pour $ 80 milliards et donc une baisse potentielle d’au moins 2 mbj en 2021. Le consultant Rystad Energy par le même de 4 mbj, ce qui rejoint chiffres avancés par Donald Trump.

 

Seul avantage de la chute de la production américaine de pétrole de schiste, elle devrait s’accompagner d’une baisse de la production de gaz naturel associé au pétrole. Celui-ci représente la moitié de la production américaine de gaz. La production de gaz pourrait diminuer de 10 % d’ici 2021, ce qui aurait un effet positif sur un marché au plus bas depuis 1995.

 

Il semble qu’il y ait eu des échanges entre l’OPEP et la Commission de l’énergie du Texas. L’idée que le Texas puisse réduire sa production de pétrole de 10 % n’aurait pas été écartée. La dernière fois qu’il y a eu une intervention de cette nature était en 1973.

 

Avec la baisse du prix du baril, les investissements dans le pétrole de schiste aux États-Unis vont s’effondrer ce qui aura des conséquences sur la production, mais en 2021 ! Goldman Sachs estime que la production américaine pourrait baisser de 1,4 mbj au troisième trimestre 2021.

 

D’après Refinitiv, la Chine serait en mars sur une tendance d’importation de pétrole de 10 mbj (9,26 mbj en mars 2019).

 

Dans des circonstances pareilles, la couverture (hedge) prise par le Mexique prend tout son sens. En janvier, le Mexique a couvert pour $ 1,37 milliard sa production (1,7 mbj) à $ 49 le baril. Le Mexique aurait acheté des options de vente (put) sur le Brent avec un prix d’exercice de $ 54/$ 56 ce qui revient à du Maya à $ 42. par contre, les couvertures utilisées par les producteurs américains (souvent des « three-way collars ») ne semblent pas offrir les mêmes sécurités, nombre de producteurs ayant vendu des puts dans la zone $ 40/$ 45 pour limiter le coût des primes.

 

IHS Markit estime l’excédent de pétrole qui pèsera sur le marché en avril et mai entre 4 et 10 mbj. Standard Chartered a un scénario extrême avec un excédent au deuxième trimestre de 12,9 mbj ! À la fin de l’année, même en tenant compte de la reprise, l’excédent serait, en cumulé, de 2,1 milliards de barils. Goldman Sachs l’estime à un milliard de barils.

 

Les tensions sur le marché des frets pétroliers pèsent d’autant plus lourd que le prix du pétrole brut baisse. Un affrètement récent d’un ULCC entre l’Arabie saoudite et les États-Unis s’est fait à $ 350 000 par jour soit l’équivalent de $ 16,85 par baril ! C’était là le maximum et les taux vers le 20 mars étaient plus proches sur cette route de $ 13 le baril.

 

Le 17 mars, Standard Chartered a publié une estimation de baisse de la demande mondiale de pétrole en 2020 de 3,39 mbj, plus forte même que les 2,71 mbj de baisse de 1980 ! Le 18 mars, Goldman Sachs plaçait la baisse à « seulement » 1,1 mbj.

 

Exxon Mobil, en partenariat avec ENI et le chinois CNPC, pourrait retarder le projet géant de gaz naturel de Rovuma au Mozambique. Outre le coronavirus se pose le problème de rentabilité : le coût de production du GNL y sera de $ 7 le mbtu et le marché a touché des bas fonds à $ 2,7.

 

Fort logiquement, les exportations de produits raffinés de la Chine ont bondi sur les deux premiers mois de l’année : + 32 % pour l’essence, + 21 % pour le kérosène notamment. D’après CNPC, la demande de produits raffinés en Chine baisserait de 35,7 % au premier trimestre.

 

Barclay’s a diminué le 23 mars ses estimations de prix moyen du pétrole en 2020 : $ 31 pour le Brent et $ 28 pour le WTI.