Brèves de marchés

Juillet-août 2017

 

En mai 2017, la production de pétrole de l’OPEP a augmenté de 336 000 bj, du fait essentiellement de la Libye et du Nigeria qui sont exempts de réduction de quotas de production. Le Nigeria serait proche de 2 mbj et la Libye de 950 000 bj. Les autres membres de l’OPEP ont respecté à 100 % leurs engagements. Par contre, la production chinoise continue à diminuer et à 3,88 mbj en mai a été au plus bas depuis au moins 2011, début de la publication de statistiques.
Nouveau record de production de l’OPEP en juin 2017 avec cette fois une hausse de 280 000 bj. L’OPEP se retrouve à 92 % de ses engagements à 32,57 mbj, 820 000 bj au-dessus de son quota. Les exportations de l’OPEP en juin ont augmenté de 450 000 bj à 25,92 mbj. En moyenne, au premier semestre l’OPEP a exporté 25,02 mbj contre 24,73 au premier semestre 2016 et 25,14 au deuxième semestre.
De son côté l’AIE anticipe une hausse de la production mondiale hors OPEP de 700 00 bj en 2017 et de 1,5 million bj en 2018.
Aux États-Unis, on estime le coût de production des puits forés en 2016/17 sur-le-champ de Bakken à $ 38 le baril. Dans ses forages offshore classiques dans le golfe du Mexique, BP aurait un coût de production de $ 40.
Quant au Canada, sa production augmenterait de 270 000 en 2017 et encore de 320 000 bj en 2018 d’après l’association canadienne des producteurs de pétrole. Les coûts de production ont nettement baissé à $ 22 par baril pour un pétrole qui cote en général $ 10 de moins que le WTI ($ 33 le baril de Western Canada Select).

 

L’Inde devrait être encore en 2017/2018 le premier producteur mondial de coton avec plus de 6 millions de tonnes devant la Chine et les États-Unis. À l’exportation, les États-Unis resteraient les plus importants avec une part de marché en diminution de 50 % à 37 % (2,9 millions de tonnes). Le premier importateur serait le Bangladesh (1,5 million de tonnes) dont les stocks (7,6) continueraient à diminuer et pèseraient pour la première fois depuis 2011 moins de la moitié du total mondial.

 

Sur les quatre premiers mois de 2017, le marché du zinc a été déficitaire de 112 000 t.

 

Sur le marché du nickel, tant l’Indonésie que les Philippines reprennent leurs exportations de minerai vers la Chine. Fitch prévoit une augmentation annuelle de la production mondiale de 3,4 % jusqu’en 2021.

 

On fait la queue au large des ports chinois pour décharger le soja acheté par l’Empire du Milieu : 9,59 millions de tonnes en mai et probablement plus de 9 encore en juin. Une vingtaine de navires seraient en attente de quais et d’entrepôts de stockage.

 

En 2020, la Chine devrait produire 200 millions de tonnes de ferrailles (143 en 2016), ce qui potentiellement remplacera le minerai de fer. La Chine ne produit pour l’instant que 11 % de son acier à partir du recyclage.

 

Le 8 juillet, un méthanier affrété par Total déchargera du GNL américain au Royaume-Uni pour la première fois.

 

Le Brésil a certifié la première variété mondiale de canne à sucre génériquement modifiée résistante notamment à un insecte (diatrea saccharalis).

 

Forte remontée des prix du charbon vapeur à $ 84.20 la tonne spot fob Newcastle en Australie à cause de la demande chinoise. D’importantes inondations ont forcé les autorités à réduire la production hydroélectrique notamment celle du barrage des Trois Gorges.

 

La production de maïs au Brésil devrait pour la première fois dépasser les 100 millions de tonnes en 2017, une hausse de 55 % par rapport à 2016. mais la logistique va-t-elle suivre ?

 

Fin 2016, les 13 plus importants exportateurs de pétrole n’avaient plus que $ 967 milliards de réserves contre $ 1260 milliards à la fin de 2013. La baisse est de 90 % pour le Vénézuéla, de 45 % pour la Libye, de 41 % pour l’Algérie, de 38 % pour le Nigeria, de 35% pour la Russie… Les déficits budgétaires ont bondi à 16,9 % du PIB en 2016 pour l’Arabie Saoudite, 14,6 % pour le Vénézuéla, 11,6 % pour l’Algérie…

 

Réagissant à l’embargo des pays arabes, le Qatar a décidé d’augmenter de 30 % sa capacité de production de GNL de 77 à 100 millions de tonnes à un horizon de cinq ans. Il s’agit du champ de North Field, dont la partie iranienne est South Pars.

 

Le 8 juillet, un méthanier affrété par Total déchargera du GNL américain au Royaume-Uni pour la première fois.

 

Art Basel s’est tenu à Bâle en Suisse à la fin juin. C’est la plus importante – et courue – foire d’art contemporain au monde. En 2016, on estime que le chiffre d’affaires des foires a été de $ 13,3 milliards : les marchands y réalisent 41 % de leurs chiffre annuel.

 

La Chine aurait déjà réalisé à 85 % les fermetures de capacité de production d’acier prévues pour 2017. D’après la Commission au Plan (NDRC), 42,39 millions de tonnes de capacité ont déjà été fermées sur un objectif de 50 millions de tonnes. Mais étaient-elles vraiment en production ? En tous cas, sur les cinq premiers mois de l’année, les exportations chinoises sont en forte baisse de 26 % à 34 millions de tonnes soit une diminution de 12millions de tonnes.

 

L’USDA anticipe une consommation mondiale de café record en 2017/2018 à 158 millions pour une production estimée à 159 millions de sacs. Les stocks de clôtures seraient au plus bas depuis 2011/2012 à 34 millions de sacs.

 

Le marché chinois du porc est en repli. En 2016, la consommation chinoise a été de 40,85 millions de tonnes contre un record de 42,49 millions de tonnes en 2014. Les prix locaux sont en baisse de 25 % depuis janvier. Alors que depuis trente ans la consommation augmentait de plus de 5 % par an, on assiste à un mouvement inversé lié aux campagnes contre l’obésité.

 

La Chine a reçu ses premiers chargements de viande bovine américaine depuis quatorze ans. C’est Cofco qui a réalisé l’opération en provenance de Tyson Foods.

 

Fin juin, la convergence à la baisse des prix du gaz naturel se renforçait : en Asie, le GNL cotait $ 5.40 le mbtu alors qu’en Europe la cotation du NBP était à $ 4.88 et qu’aux États unis celle du Henry Hub était à $ 3.06. Il faut bien sûr rajouter aux prix européens et américains le coût de la liquéfaction estimé à $ 1.50.

 

Fortes tensions sur le marché à terme du coton (l’ICE) en mai. En quelques jours, les prix ont flambé au plus haut depuis 2014. Sur 2017/2018, la demande en progression de 2 % dépassera encore l’offre. La demande pour le coton américain a tiré les prix sur le marché de New York : mais beaucoup de contrats sur juillet restent en « prix à fixer ».

 

Donald Trump a obtenu l’ouverture du marché chinois aux agences de rating américaines, aux cartes de crédit et… à la viande bovine, jusque-là bloquée pour des raisons sanitaires.

 

Dans un papier intéressant publié par le Financial Times, le consultant Pierre Lacaze propose une stratégie nouvelle pour l’Arabie Saoudite en matière de pétrole : hedger une partie de sa production par des contrats de vente à trois à cinq ans ce qui aurait l’avantage de revenir à une situation de backwardation et de gêner les producteurs américains.

 

Au premier trimestre 2017, l’Union européenne a vendu près de 400 000 tonnes de viande porcine à la Chine, devant le Canada (93 000 tonnes) et les États-Unis (87 500).

 

Négociations difficiles entre sidérurgistes japonais et producteurs australiens de charbon à coke. À la clef, la survie du système de négociations annuelles et trimestrielles. Parmi les producteurs, BHP veut comme les Japonais introduire plus de souplesse au mécanisme.

 

D’après l’USDA, les stocks de clôture chinois pour la campagne 2017/2018 seraient de 128 millions de tonnes de blé (65 Mt en 2013/2014) et de 81 millions de tonnes de maïs.