Cercle Cyclope
 
 

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CyclOpe est une société d’études, spécialisée dans l’analyse des marchés mondiaux des matières premières : elle tire son nom du rapport CyclOpe publié chaque année depuis 1986 aux éditions Economica. CyclOpe est dirigé par Philippe Chalmin, professeur à Paris-Dauphine, consultant auprès d’organismes internationaux (OCDE, CEE, CNUCED). Il bénéficie notamment de la collaboration de Ralph Ichter, consultant à Washington, de Marie-Christine Simonet, journaliste free lance à Bruxelles, spécialiste matières premières et fret, de Dolio Sfascia, enseignant à Paris-Dauphine et en Argentine et d’Elisabeth Lacoste, ingénieur agronome et docteur en économie, chargée de recherches senior de CyclOpe.
CyclOpe fonctionne en réseau et regroupe plus d’une cinquantaine de spécialistes des marchés dans le monde entier.

 Editorial

 >> Juin 2008

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Encore un mois de records ! Le pétrole bien sûr qui frôle les $10 c’est-à-dire la valeur d’un baril début 1999 !). Mais au chapitre des records, il y a eu aussi le fret maritime (l’indice du Baltic), l’acier et les ferrailles, l’étain et tout dernièrement le maïs : curieux inventaire à la Prévert où se mêlent des produits agricoles, des métaux, de l’énergie, des services et même - cerise sur le gâteau- des toiles de Bacon et Freud payées $120 millions par Roman Abramovitch, l’oligarque propriétaire de Chelsea et d’une bonne partie de la sidérurgie russe !
Certes le dollar s’affaiblit et l’effet étalon matières premières joue à plein. Le pas de deux entre Ben Bernanke (FED) et Jean-Claude Trichet (BCE) se traduit par une longue glissade du dollar dans la seule monnaie qui lui sert de référence, l’euro, et pour les seuls produits qui donnent aux investisseurs l’illusion de la sécurité, les matières premières.
Haro sur les spéculateurs répondent presque unanimes les politiques qui préparent la grand messe du G8 au Japon après l’échec du sommet alimentaire de Rome de la FAO. Il faut toujours des boucs émissaires et ceux-ci plaisent au bon peuple. Mais la flambée des prix affecte aussi bien des marchés dotés de marchés dérivés (pétrole, grains) que des marchés purement physiques comme ceux des ferrailles ou même encore du charbon. La spéculation augmente certes la volatilité, la fébrilité des acteurs et des opérateurs, mais elle n’est que “ l’écume sur la vague ”.
 La réalité au cœur de ce choc sur les marchés internationaux de commodités c’est bien celle de la rareté des ressources qu’elles soient agricoles ou fossiles. Et cette rareté pèse aussi sur la perception de nos problèmes environnementaux.
Le pétrole flambe : tant mieux pour la planète.
Les grains explosent : tant mieux pour l’humanité.

Philippe Chalmin